Politique

Trump menace de "déchaîner l'enfer" sur l'Iran : la guerre des mots s'intensifie La menace du 25 mars 2026

zossnews

Rédacteur

6 min de lecture26 mars 2026Mis à jour le 26 mars

Au 26e jour d'une guerre qui embrase le Moyen-Orient, Donald Trump a franchi un nouveau palier dans la rhétorique de l'intimidation. La Maison Blanche a menacé mercredi 25 mars de "déchaîner l'enfer" si l'Iran faisait "le mauvais calcul" dans la guerre qui l'oppose aux États-Unis et à Israël. (Franceinfo) C'est la porte-parole de la présidence, Karoline Leavitt, qui a prononcé ces mots lors d'un point de presse à Washington, dans une formulation délibérément musclée. "Le président Trump ne bluffe pas et il est prêt à déchaîner l'enfer. L'Iran ne doit pas se tromper de calcul à nouveau." (L'Orient-Le Jour) Et si Téhéran ne capitulait pas ? "Si l'Iran refuse d'accepter la réalité actuelle, s'ils ne comprennent pas qu'ils ont été vaincus militairement et qu'ils continueront de l'être, le président Trump s'assurera qu'ils soient frappés de manière plus dure qu'ils ne l'ont jamais été." (RTS)

Trump menace de "déchaîner l'enfer" sur l'Iran : la guerre des mots s'intensifie La menace du 25 mars 2026

L'escalade des ultimatums : une semaine sous haute tension

Cette déclaration s'inscrit dans une séquence d'escalades verbales et militaires qui se succèdent depuis plusieurs jours. Tout commence le dimanche 22 mars par un message-choc de Trump sur Truth Social. Donald Trump a donné 48 heures au régime iranien pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Sans réouverture totale de ce passage maritime stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, les États-Unis "frapperont et anéantiront" les centrales électriques iraniennes "en commençant par la plus grande". (Franceinfo)

Téhéran n'a pas tardé à répliquer. L'Iran a répliqué à cette sommation sans attendre : si Washington met sa menace à exécution, l'armée iranienne visera alors les infrastructures "énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau" dans la région. (Franceinfo)

Mais Trump a ensuite repoussé son propre ultimatum de cinq jours, affirmant simultanément que des négociations étaient en cours — créant une situation d'une ambiguïté totale où menaces et offres de paix coexistent dans le même discours présidentiel.

La double posture américaine : négocier et menacer en même temps

Washington joue sur deux tableaux à la fois, avec une cohérence apparente qui laisse beaucoup d'observateurs perplexes. D'un côté, Trump affirme que des discussions productives sont en cours avec Téhéran. De l'autre, la Maison Blanche agite la menace d'une escalade dévastatrice.

La porte-parole Karoline Leavitt a par ailleurs déclaré que les États-Unis sont "très proches d'atteindre les objectifs fondamentaux" de la guerre avec l'Iran. "Le régime iranien est en train d'être affaibli, et sa capacité à menacer les États-Unis et nos alliés est considérablement réduite", a-t-elle souligné, ajoutant que l'armée américaine est "en avance sur le calendrier." (L'Orient-Le Jour)

Devant un parterre de parlementaires républicains, Trump va encore plus loin dans sa lecture des intentions iraniennes. "Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire", a-t-il affirmé, suggérant que les responsables iraniens chargés de négocier le taisaient de "peur" d'être "tués par les leurs". "Ils ont aussi peur qu'on les tue", a-t-il lancé. (Radio-Canada)

La réponse iranienne : "Pas l'intention de négocier"

En face, Téhéran s'arc-boute sur une posture de résistance absolue et rejette toute idée de capitulation. L'Iran n'a "pas l'intention de négocier" mais "de continuer à résister", a déclaré à la télévision d'État son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. La République islamique veut "mettre fin à la guerre selon ses propres conditions", "de telle sorte que cela ne se reproduira plus jamais". (La Presse)

Le plan de paix américain en 15 points, transmis via le Pakistan, est officiellement rejeté. Selon la télévision d'État, l'Iran a présenté son propre plan en cinq points, qui comprend l'arrêt des assassinats de fonctionnaires, des garanties que plus aucune guerre ne sera menée contre l'Iran, des réparations pour la guerre, la fin des hostilités et "l'exercice par l'Iran de sa souveraineté sur le détroit d'Ormuz". (Euronews)

Ces contre-exigences — réparations de guerre et souveraineté sur Ormuz — sont jugées totalement inacceptables par Washington.

Les menaces iraniennes en miroir

L'Iran ne reste pas sans réponse sur le terrain des menaces. En cas d'invasion terrestre américaine, l'Iran ouvrira un "nouveau front" dans un détroit clé pour le trafic maritime mondial, celui qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden. "Le détroit de Bab el-Mandeb compte parmi les détroits les plus stratégiques au monde, et l'Iran possède à la fois la volonté et la capacité de générer une menace parfaitement crédible à son encontre." (RTS)

Pendant ce temps, sur le terrain, les frappes continuent sans relâche des deux côtés. Israël a annoncé de nouvelles frappes sur Téhéran, frappée quotidiennement depuis quatre semaines, et avoir ciblé un centre de recherche lié au programme de sous-marins militaires iraniens à Ispahan. (La Presse) Et la marine iranienne a indiqué avoir tiré des missiles de croisière vers le porte-avions américain Abraham Lincoln. (France 24)

Les centrales nucléaires dans le viseur : une ligne rouge majeure

L'un des éléments les plus préoccupants de cette nouvelle phase est la menace de frapper des infrastructures nucléaires. La Russie s'est dite "profondément indignée" par une frappe qui aurait visé la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran, qu'elle a en partie construite et dont elle aide à assurer l'exploitation. "Nous sommes extrêmement indignés par cette manifestation téméraire et irresponsable d'une politique désastreuse", a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères. (France 24)

L'AIEA a de son côté appelé à la "retenue maximale afin d'éviter tout risque pour la sûreté nucléaire en période de conflit" — une mise en garde qui souligne jusqu'où pourrait aller l'escalade si les centrales iraniennes devenaient des cibles systématiques.

Un calcul politique et stratégique

La formule "déchaîner l'enfer" n'est pas improvisée. Elle s'inscrit dans la logique de pression maximale caractéristique de Trump : menacer fort pour forcer l'adversaire à négocier, tout en laissant une porte de sortie. Selon un diplomate de la région, l'objectif américain est d'obtenir une trêve avant des discussions censées permettre aux parties de "revendiquer une victoire et sauver la face". "On est dans des pré-négociations. On teste ce qui serait acceptable." (Radio-Canada)

Pour l'Iran, en revanche, toute apparence de négociation sous les bombes serait vécue comme une humiliation politique insupportable. Le régime a besoin de montrer à sa population qu'il ne cède pas sous la contrainte — d'où les démentis répétés sur l'existence même de pourparlers.

Les marchés entre espoir et crainte

Cette séquence diplomatico-militaire agite aussi les marchés mondiaux à chaque déclaration. Les marchés mondiaux d'actions ont regagné du terrain tandis que les prix du pétrole reculaient mercredi après ces informations sur le plan de paix, les investisseurs espérant une fin du conflit, qui a perturbé l'approvisionnement énergétique mondial et alimenté les inquiétudes inflationnistes. (L'Orient-Le Jour)

Une lueur d'espoir s'est même glissée dans ce tableau sombre. Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a évoqué des "signaux" iraniens en faveur de négociations avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, et qui constituent selon lui "une lueur d'espoir". "Les États-Unis et l'Iran ont tous deux émis des signaux en faveur de négociations, laissant entrevoir une lueur d'espoir pour la paix." (France 24)

Un conflit à un tournant critique

À l'approche du trentième jour de guerre, la situation est celle d'une confrontation qui cherche sa sortie sans la trouver. Trump menace "l'enfer" tout en disant négocier. L'Iran dit résister tout en recevant des propositions via le Pakistan. Les bombes continuent de tomber. Et le monde retient son souffle.

La grande question reste entière : qui clignera des yeux en premier ? Un Iran affaibli militairement mais politiquement arc-bouté sur sa survie, ou un Trump qui a besoin d'une victoire rapide avant que le coût économique de la guerre ne devienne insoutenable pour les marchés et son électorat ?