💰 GUERRE IRAN–ISRAËL–USA : LE COÛT TOTAL DE CHAQUE CÔTÉ — DÉCRYPTAGE COMPLET
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LA GUERRE LA PLUS CHÈRE DU XXIe SIÈCLE ? Quand les bombes tombent, les factures s'accumulent à une vitesse vertigineuse. La guerre déclenchée le 28 février 2026 entre les États-Unis, Israël et l'Iran est en train de s'inscrire comme le conflit militaire le plus coûteux depuis la guerre en Irak de 2003 pour ce qui est des dépenses à court terme. En douze jours à peine, les chiffres qui circulent sont déjà astronomiques, et ils ne font qu'augmenter à mesure que les combats se poursuivent. Mais ce serait une erreur de réduire le coût de cette guerre à la seule facture militaire directe. Les coûts indirects — économiques, humains, diplomatiques, environnementaux — se chiffrent en dizaines, peut-être en centaines de milliards de dollars, et leurs effets se feront sentir bien au-delà du Moyen-Orient. Cet article propose un décryptage complet et rigoureux des coûts de cette guerre, côté par côté : ce que dépensent les États-Unis, ce que paie Israël, et ce que l'Iran perd chaque heure. Puis nous élargissons la focale pour mesurer le coût global pour le reste du monde.

PARTIE 1 — LE COÛT AMÉRICAIN : DES MILLIARDS NON BUDGÉTÉS
Les premières heures : un rythme de dépenses sans précédent
Les chiffres qui ont commencé à filtrer depuis Washington sont proprement stupéfiants. Les 100 premières heures de la guerre ont coûté aux États-Unis environ 3,7 milliards de dollars, soit près de 900 millions par jour, selon une analyse du Center for Strategic and International Studies (CSIS), un centre de recherche basé à Washington. Cette dépense est essentiellement tirée par la consommation massive de munitions. Wikipedia
Selon le CSIS, environ 3,5 milliards sur les 3,7 milliards estimés pour les quatre premiers jours n'étaient pas budgétés Euronews, ce qui signifie que le Pentagone va devoir demander d'urgence des fonds supplémentaires au Congrès — une démarche politiquement épineuse dans un contexte de déficit budgétaire déjà très tendu et d'opposition croissante à la guerre au sein du Parti démocrate.
La première semaine : 6 à 11 milliards selon les sources
Le New York Times, citant des responsables du Pentagone, a révélé que les États-Unis ont déboursé 6 milliards de dollars durant la première semaine de la guerre. Sur ces dépenses, environ 4 milliards ont servi à l'achat de munitions, principalement des intercepteurs destinés à abattre les missiles iraniens. Ifri
Mais d'autres sources donnent des chiffres encore plus élevés. Des représentants de l'administration Trump ont dit cette semaine à des élus du Congrès américain, lors de compte-rendus à huis clos, que le coût des six premiers jours de guerre en Iran a été estimé à au moins 11,3 milliards de dollars. Plusieurs assistants parlementaires s'attendent à ce que la Maison Blanche transmette sous peu une demande au Congrès pour des fonds supplémentaires, et certains représentants pensent que la somme réclamée pourrait être de 50 milliards de dollars, ce que d'autres ont jugé sous-évalué. Franceinfo
L'écart entre 6 milliards (version Pentagone) et 11,3 milliards (version briefings Congrès) s'explique par la différence de périmètre de calcul : le premier chiffre ne comptabilise que les dépenses opérationnelles directes, le second intègre probablement les coûts de déploiement, de logistique, de renseignement et les premières estimations de remplacement du matériel détruit.
Décomposition poste par poste des dépenses américaines
Les munitions : le poste le plus lourd
C'est là que se joue l'essentiel de la facture. Un tir de missile Tomahawk coûte un peu plus de deux millions de dollars. Celui d'un Standard Missile-2 (SM-2), référence dans les systèmes de défense antiaérienne de la US Navy, est du même ordre de grandeur. Euronews Sachant que des centaines, voire des milliers de ces missiles ont été utilisés en l'espace de quelques jours, la note monte à toute vitesse.
Jennifer Kavanagh, analyste au laboratoire Defense Priorities, estime que les États-Unis ont facilement dépensé plus de 10 milliards de dollars en systèmes de défense aérienne au cours des 48 premières heures. Euronews Ce chiffre peut sembler excessif, mais il illustre la réalité d'une guerre où la défense anti-missiles est aussi coûteuse que l'offensive.
La protection aérienne d'Israël
Un poste souvent oublié dans les calculs : la défense d'Israël contre les représailles iraniennes. Les États-Unis ont alloué entre 1,8 et 1,95 milliard de dollars à la protection aérienne d'Israël contre les représailles iraniennes, en déployant 150 missiles THAAD, pour un coût unitaire compris entre 12 et 13 millions de dollars. Les défenses de la base aérienne d'Al Udeid ont également été renforcées par 14 missiles Patriot PAC-3 MSE, pour un coût total d'environ 57,4 millions de dollars. Wikipedia
Les radars détruits : une perte catastrophique
L'Iran a détruit plusieurs radars AN/TPY-2 américains, des radars essentiels pour les systèmes de défense antimissile balistique (THAAD). Leur coût unitaire avoisine le demi-milliard de dollars. Leur production peut prendre des années, et ils nécessitent des terres rares fournies par la Chine. Euronews Chaque radar détruit représente ainsi une double perte : financière immédiate et stratégique sur le long terme, car les délais de remplacement sont considérables.
Les avions abattus
Lors de la première semaine, trois chasseurs F-15 américains ont été abattus par erreur par le Koweït. Le coût du matériel par pièce est de 100 millions de dollars. Euronews Trois appareils = 300 millions de dollars perdus, sur un seul incident de "tir ami".
Le pré-positionnement des forces
Avant même le premier tir, la simple mobilisation de l'armada américaine avait un coût. Elaine McCusker, ancienne responsable au Pentagone durant le premier mandat de Trump, estimait le coût du repositionnement des forces au Moyen-Orient à environ 630 millions de dollars, avant même le début des combats. Euronews
Les forces armées américaines ont déployé deux porte-avions — un troisième est en route — une douzaine de grands bâtiments de surface, 200 avions de chasse et 50 000 soldats, sans parler des avions de ravitaillement, de reconnaissance et de transport. Une armada rarement vue depuis le début des années 2000. Euronews
Les coûts opérationnels des bombers furtifs
L'exploitation des bombardiers furtifs B-2 a coûté entre 31,7 et 37,8 millions de dollars, auxquels s'ajoutent des amortissements opérationnels estimés entre 44 et 70,5 millions de dollars Wikipedia pour la seule guerre des Douze Jours de juin 2025. En 2026, avec une intensité bien supérieure, ces chiffres sont en principe multipliés plusieurs fois.
Le débat politique sur les coûts : un milliard par jour ?
L'opposition démocrate cite le chiffre d'un milliard de dollars par jour, mais le coût est difficile à estimer avec précision. On ne connaît pas toutes les frappes menées, toutes les armes et munitions utilisées, et le Pentagone ne fournit pas de chiffres. Les républicains et certains experts militaires jugent cette estimation d'un milliard de dollars par jour excessive. L'addition devrait toutefois baisser à mesure que l'intensité de la riposte iranienne diminue. Le Grand Continent
Ce débat autour des chiffres n'est pas anodin. L'impact peut vite devenir politique à quelques mois des élections de mi-mandat, en novembre. Wikipedia Trump a tout intérêt à minimiser les coûts pour ne pas donner de munitions à ses opposants. Les démocrates, à l'inverse, ont intérêt à les maximiser pour alimenter leur campagne contre la guerre.
Le budget global de la Défense américaine : un contexte important
Pour mettre ces chiffres en perspective, il faut rappeler que le budget ordinaire annuel de la Défense aux États-Unis s'élève à 900 milliards de dollars. Euronews Cela signifie que les dépenses de la première semaine de guerre (entre 6 et 11 milliards selon les sources) représentent entre 0,7% et 1,2% du budget annuel de défense entier. C'est massif pour sept jours, mais les États-Unis ont les reins financiers pour absorber ce choc... à condition que le conflit reste court.
Si la guerre dure trois mois au rythme actuel, la facture pourrait atteindre entre 50 et 100 milliards de dollars uniquement pour les dépenses directes — sans compter les coûts indirects de la hausse du carburant, de l'inflation et des perturbations économiques.
Les coûts indirects pour les Américains
Au-delà des dépenses militaires, la guerre a un impact économique direct sur les ménages américains. Il faut ajouter à la facture militaire les autres coûts pour les Américains, notamment la hausse du prix de l'essence. Wikipedia Avec le pétrole à plus de 85 dollars le baril, chaque plein d'essence coûte plusieurs dollars de plus à des dizaines de millions d'automobilistes américains. Multiplié par 330 millions d'habitants et des centaines de millions de pleins par semaine, cela représente des milliards de dollars de pouvoir d'achat supprimé chaque mois.
Les marchés boursiers américains ont également été affectés par l'incertitude générée par le conflit, avec des pertes significatives dans les premiers jours, notamment dans les secteurs du transport aérien, du tourisme et de l'industrie.
PARTIE 2 — LE COÛT ISRAÉLIEN : UN BUDGET D'ÉTAT EN CRISE
Deux milliards de shekels par jour : une bombe budgétaire
Israël est dans une situation plus précaire que les États-Unis car son économie, bien que dynamique, est incomparablement plus petite. Selon les premières estimations, le coût de la guerre dépasse désormais les deux milliards de shekels par jour, ce qui pourrait entraîner une hausse du budget de la défense ainsi que du budget global de l'État. Les autorités reconnaissent toutefois qu'il reste difficile d'évaluer précisément le coût total de l'opération militaire baptisée "Rugissement du Lion". Fmes-france
Deux milliards de shekels par jour équivalent à environ 540 millions de dollars par jour, soit approximativement 3,8 milliards de dollars par semaine. C'est un fardeau considérable pour une économie de la taille d'Israël.
Une crise budgétaire au pire moment
À moins de trois semaines de la date limite pour l'adoption du budget de l'État pour 2026, le gouvernement israélien se retrouve confronté à un défi majeur : l'impact financier croissant de la guerre en cours contre l'Iran et le Hezbollah. Alors que les combats se poursuivent depuis dix jours, l'exécutif prépare déjà des modifications budgétaires importantes afin de faire face à une facture militaire en constante augmentation. Franceinfo
Actuellement, le budget proposé pour 2026 s'élève à 659 milliards de shekels. S'il n'est pas adopté à temps, les dépenses publiques seraient automatiquement plafonnées à environ 605 milliards de shekels, ce qui compliquerait davantage la gestion économique du pays en pleine période de guerre. Fmes-france C'est un scénario cauchemar pour les finances publiques israéliennes : être contraint à une austérité automatique alors que les dépenses militaires explosent.
Les dépenses militaires spécifiques à Israël
L'armée israélienne a consommé une quantité phénoménale de munitions depuis le début du conflit. L'armée israélienne a déclaré avoir largué plus de 1 200 munitions sur l'Iran au cours des 24 premières heures des opérations. Wikipedia Le prix moyen d'une bombe ou d'un missile israélien de précision varie entre 100 000 et plusieurs millions de dollars, selon le type. 1 200 munitions en 24 heures représentent donc une facture initiale de l'ordre de plusieurs centaines de millions à quelques milliards de dollars pour la seule première journée.
S'y ajoutent les coûts d'interception des missiles iraniens par le Dôme de Fer, David's Sling et Arrow 3. Chaque interception par le système Arrow 3 (spécialisé dans les missiles balistiques à longue portée) coûte entre 2 et 3 millions de dollars par tir. Les milliers de missiles iraniens lancés vers Israël et interceptés représentent donc une facture d'interception astronomique, qui s'ajoute aux dépenses offensives.
L'ouverture du front libanais : des coûts supplémentaires
L'entrée en guerre du Hezbollah le 1er mars a forcé Israël à ouvrir un second front au Liban, multipliant les dépenses militaires et les complexités logistiques. Les frappes sur Beyrouth, les déploiements terrestres dans le sud du Liban, les interceptions quotidiennes de missiles et drones venant du Liban — tout cela s'accumule sur une facture déjà très lourde.
L'impact sur l'économie israélienne
Au-delà des dépenses directes, l'économie israélienne subit un choc multidimensionnel. Le secteur du tourisme, qui avait à peine repris après les années COVID et les tensions de 2024-2025, est à nouveau paralysé. Les compagnies aériennes ont suspendu leurs liaisons vers Tel-Aviv. Des dizaines de milliers de réservations d'hôtels ont été annulées. Les exportations high-tech, épine dorsale de l'économie israélienne, sont perturbées par les alertes aux missiles et les états d'urgence répétés.
Le shekel s'est affaibli face au dollar depuis le début du conflit, renchérissant les importations et alimentant l'inflation. Plusieurs agences de notation ont placé la note souveraine d'Israël sous surveillance négative, ce qui pourrait faire remonter les taux d'emprunt de l'État israélien et alourdir encore davantage la facture globale de la guerre.
PARTIE 3 — LE COÛT IRANIEN : DESTRUCTION D'INFRASTRUCTURES ET EFFONDREMENT ÉCONOMIQUE
Évaluer les dégâts : une tâche difficile mais indispensable
Contrairement aux États-Unis et Israël, l'Iran ne publie pas de chiffres sur les coûts de la guerre. Les informations disponibles sont fragmentaires, souvent issues de sources adverses ou d'analyses de satellites commerciaux. Mais ce que l'on sait est suffisamment éloquent pour dresser un tableau du désastre économique en cours.
Les infrastructures militaires : une destruction massive revendiquée
L'armée israélienne a déclaré avoir détruit la moitié des lanceurs de missiles iraniens, ainsi que la moitié des réserves de missiles de Téhéran. Les images satellites confirment la destruction du complexe du Guide suprême à Téhéran et d'un navire de guerre iranien à quai. Wikipedia
Washington et Israël revendiquent avoir frappé plus de 5 000 cibles et décimé les forces aériennes et navales iraniennes. Al Jazeera Si même une fraction de ces affirmations est exacte, les dégâts infligés à l'appareil militaire iranien se chiffrent en dizaines de milliards de dollars. Il faut des années et des investissements colossaux pour reconstituer une flotte navale, une défense aérienne, des stocks de missiles et des infrastructures de commandement.
Les infrastructures civiles et énergétiques
Dans la nuit du 7 au 8 mars 2026, les États-Unis et Israël ont intensifié leurs frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes dans la région de Téhéran. Le Grand Continent Les raffineries, les pipelines, les centrales électriques et les installations de gaz naturel sont des cibles privilégiées car leur destruction a un double effet : affaiblir la capacité de financement du régime (les exportations pétrolières représentent une part majeure des recettes de l'État) et déstabiliser la population en coupant l'électricité et l'approvisionnement en carburant.
Les aéroports iraniens ont été frappés. L'aéroport de Kerman a subi des frappes, et plusieurs infrastructures de l'aéroport ont été endommagées. Par ailleurs, des frappes ont touché la ville d'Ispahan, où l'ancien palais historique Chehel Sohoun inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO a subi des dommages importants. Le Grand Continent La destruction d'un site UNESCO est un dommage irréparable qui va bien au-delà du simple coût économique.
La destruction des capacités navales
Les forces américaines ont ciblé des navires iraniens impliqués dans des opérations de pose de mines maritimes. Le Grand Continent Plus tôt dans le conflit, les forces américaines ont détruit plusieurs navires iraniens, dont 16 minéraliers près du détroit d'Ormuz. Al Jazeera Un navire de guerre moderne vaut plusieurs centaines de millions à quelques milliards de dollars selon son type. La destruction d'une flotte, même partielle, représente des pertes qui ne se mesureront que sur des décennies.
Le coût du programme nucléaire détruit
C'est probablement le poste le plus difficile à évaluer, mais aussi le plus symbolique. L'Iran a investi depuis les années 1980 des dizaines de milliards de dollars dans son programme nucléaire — en contournant les sanctions, en développant des technologies locales, en formant des ingénieurs et des scientifiques sur plusieurs générations. Les installations de Fordo (enterrée dans la montagne), Natanz et Ispahan représentent des investissements colossaux sur plusieurs décennies.
La destruction de ces installations, si elle est confirmée, efface des dizaines de milliards de dollars d'investissements cumulés. Et au-delà du coût matériel, c'est toute une capacité stratégique qui s'évapore — une perte dont les effets se mesureront en termes géopolitiques pour les décennies à venir.
L'économie iranienne pré-guerre : déjà à bout de souffle
Pour comprendre l'ampleur du choc, il faut rappeler que l'économie iranienne était déjà dans un état critique avant le début du conflit. À partir de décembre 2025, des manifestations nationales anti-régime avaient éclaté en Iran, provoquées par l'effondrement économique et la chute du rial. Le Grand Continent Le rial iranien avait déjà perdu des dizaines de pourcents de sa valeur au cours des années précédentes sous l'effet des sanctions. Le chômage, notamment des jeunes, était à des niveaux alarmants. L'inflation atteignait des niveaux à deux voire trois chiffres dans certains secteurs.
La guerre ne fait qu'accélérer un effondrement économique déjà engagé. La paralysie des exportations pétrolières (bloquées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz et la destruction des infrastructures), la fuite des capitaux et des cerveaux, la destruction des infrastructures productives — tout cela va plonger l'économie iranienne dans une récession profonde dont la durée de récupération se compte en décennies.
PARTIE 4 — LE COÛT POUR LE RESTE DU MONDE : UN CHOC ÉCONOMIQUE GLOBAL
L'envolée du pétrole et du gaz : une taxe sur le monde entier
Depuis les frappes israélo-américaines sur l'Iran fin février 2026, le prix du Brent a bondi de plus de 16% depuis le début des hostilités, franchissant la barre des 85 dollars, son plus haut niveau depuis juillet 2024. Le gaz européen a enregistré une hausse de 40% dans les jours qui ont suivi le début des hostilités. Wikipedia
Chaque hausse de 10 dollars du baril de pétrole, si elle se prolonge, réduit la croissance mondiale d'environ 0,2% selon les économistes. Une hausse de 15 à 20 dollars maintenue sur plusieurs mois pourrait donc coûter 0,3 à 0,4 points de PIB à l'économie mondiale — soit des centaines de milliards de dollars de richesse non créée.
Le Qatar dans le collimateur : le gaz européen menacé
Une exploitation de gaz liquéfié au Qatar a été touchée par des drones iraniens et mise à l'arrêt le 2 mars. En conséquence, les prix du gaz se sont envolés, dépassant 50% de hausse au plus fort de la journée. France 24
La situation est aggravée par les dommages infligés aux infrastructures d'exportation du Qatar, dont les unités de liquéfaction, concentrées en un seul point géographique, sont particulièrement vulnérables. Le Qatar produit environ 175 milliards de mètres cubes de gaz par an, des capacités difficiles à remplacer à court terme. Wikipedia Pour l'Europe, la perturbation du trafic dans le détroit d'Ormuz met en danger les 10% des importations européennes de GNL provenant du Qatar. Wikipedia
La paralysie du commerce maritime mondial
Depuis le début des hostilités, seuls neuf navires ont réussi à traverser le détroit d'Ormuz sur plusieurs jours. Dans ce bras de mer de moins de 40 km de large à son point le plus étroit transit 20% du pétrole mondial. La guerre perturbe également le trafic aérien : l'aéroport de Dubaï a dû interrompre ses opérations après une attaque iranienne, fragilisant en particulier un hub aérien mondial. Franceinfo
Au-delà de la flambée des prix du gaz et du pétrole, le conflit déstabilise des pans entiers de l'économie comme le tourisme, la finance ou encore l'intelligence artificielle. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont commencé à bombarder les centres de données et les data centers en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Franceinfo Cette dimension cyber et infrastructure numérique est une nouvelle frontière dans la guerre économique, avec des conséquences potentielles pour des milliers d'entreprises mondiales qui hébergent leurs données dans ces régions.
Le Pakistan en première ligne
Le Pakistan se trouve dans une situation particulièrement sombre : ce pays d'Asie du Sud importe 40% de son énergie et dépend fortement du gaz naturel liquéfié en provenance du Qatar, dont les livraisons ont été interrompues par le conflit. Le Grand Continent Pour un pays déjà sous assistance du FMI et dont des millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, la hausse des coûts énergétiques peut se traduire directement en crise alimentaire et sociale.
Les banques centrales face à un dilemme impossible
La crise iranienne place les banques centrales du monde entier dans une position délicate. La hausse des prix de l'énergie alimente l'inflation tout en pesant sur l'activité. Les banquiers centraux doivent-ils relever leurs taux pour contenir l'inflation ou au contraire les baisser pour soutenir l'économie ? Aux États-Unis, la Fed est déjà divisée entre les responsables qui estiment que la faiblesse du marché de l'emploi nécessite un soutien et ceux qui s'inquiètent d'une inflation qui reste supérieure à l'objectif de 2%. Le Grand Continent
Ce dilemme — stagflation, ou inflation + ralentissement simultanés — est le pire scénario possible pour les banquiers centraux, qui se souviennent encore du traumatisme des années 1970.
L'aviation mondiale perturbée
La compagnie aérienne nationale néo-zélandaise Air New Zealand a annoncé annuler 1 100 vols au cours des deux prochains mois, en grande partie des vols intérieurs, invoquant l'impact de la guerre au Moyen-Orient. Environ 5% des vols seront annulés, affectant 44 000 passagers. Franceinfo Si une compagnie néo-zélandaise est déjà affectée, on imagine l'impact sur les compagnies européennes, asiatiques et américaines qui traversaient habituellement l'espace aérien moyen-oriental.
PARTIE 5 — LES SCÉNARIOS FUTURS : COMBIEN ÇA VA ENCORE COÛTER ?
Scénario court : 4 à 6 semaines de conflit
Pour des raisons politiques, avec les élections de mi-mandat en perspective, Donald Trump souhaite sans nul doute un conflit limité dans le temps — vraisemblablement quelques mois. Wikipedia Dans ce scénario optimiste, la guerre dure 4 à 6 semaines. Les coûts américains totaux se situent entre 25 et 50 milliards de dollars, les coûts israéliens entre 10 et 20 milliards. L'économie mondiale absorbe le choc pétrolier sans entrer en récession. La fin de la guerre se traduirait par une forte baisse du cours de l'énergie, surtout si les sanctions à l'encontre de l'Iran sont levées. Le cours du baril de pétrole pourrait rapidement revenir autour de 60 dollars. Wikipedia
Scénario intermédiaire : 3 à 6 mois de conflit
Si l'Iran ne capitule pas rapidement et que les opérations militaires se prolongent, les coûts américains pourraient atteindre 100 à 200 milliards de dollars. Israël, dont l'économie est plus fragile, pourrait se retrouver en récession. Le choc énergétique mondial se consolide, avec une inflation durable qui érode le pouvoir d'achat dans le monde entier. La demande de crédits d'urgence au Congrès américain devient un enjeu politique majeur.
Scénario long : bourbier à l'irakienne
C'est le scénario que tout le monde redoute et que personne ne veut nommer. Si la guerre s'enlise, si le changement de régime tarde à venir, si l'Iran réussit à maintenir une résistance asymétrique (guérilla, attaques proxy dans la région, cyber-attaques), le conflit pourrait durer des années. Dans ce cas, les coûts pour les États-Unis dépasseraient allègrement les 500 milliards à 1 000 milliards de dollars — soit le niveau de la guerre en Irak, dont le coût total est estimé entre 2 000 et 3 000 milliards de dollars si l'on inclut les intérêts de la dette et les soins aux vétérans sur le long terme.
CONCLUSION : LA GUERRE, UN INVESTISSEMENT QUI NE RAPPORTE JAMAIS CE QU'ON ESPÈRE
La comptabilité de la guerre est toujours plus complexe que les simples tableaux de dépenses militaires. Les coûts directs — munitions, appareils détruits, soldats morts — ne représentent que la partie visible d'un iceberg dont l'essentiel reste invisible pour des années, voire des décennies. Les coûts des traumatismes des vétérans, de la reconstruction post-conflit, de la déstabilisation régionale durable, de l'augmentation des risques terroristes, de la montée des dépenses de sécurité dans le monde entier — tout cela s'accumule silencieusement dans des colonnes comptables que personne ne pointe lors des conférences de presse triomphantes annonçant le début des frappes.
Douze jours après le début de la guerre, les États-Unis ont déjà dépensé entre 10 et 15 milliards de dollars. Israël brûle 540 millions de dollars par jour. L'Iran perd des décennies d'investissements en quelques heures de bombardements. Et le reste du monde paie chaque jour à la pompe, sur sa facture de gaz, dans l'annulation de ses vols, la facture silencieuse d'une guerre qui, pour l'instant, n'a pas encore montré quel sera son vrai prix final.
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