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Guerre en Iran : le conflit entre dans son 12e jour, l'escalade régionale s'intensifie

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29 min de lecture11 mars 2026Mis à jour le 11 mars

Alors que le conflit déclenché le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran entre dans son douzième jour, la situation s'enlise et s'étend à l'ensemble de la région. Le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, dont l'état de santé reste incertain, n'a toujours pas été vu en public. Les frappes se multiplient sur tous les fronts : l'Iran continue de tirer des missiles vers Israël et les bases américaines du Golfe, tandis que les États-Unis et Israël intensifient leurs bombardements sur le territoire iranien et les positions du Hezbollah au Liban. Le bilan humain s'alourdit avec plus de 1 300 civils tués en Iran et 570 au Liban. Sur le plan économique, la fermeture virtuelle du détroit d'Ormuz fait flamber les prix du pétrole, poussant le G7 et l'AIE à envisager des mesures d'urgence sans précédent. La communauté internationale multiplie les appels à la désescalade, mais aucune issue diplomatique ne se profile à l'horizon. Pendant ce temps, les grandes puissances redéfinissent leurs alliances, et le spectre d'une guerre régionale totale plane sur un Moyen-Orient déjà meurtri par des décennies de conflits.

Guerre en Iran : le conflit entre dans son 12e jour, l'escalade régionale s'intensifie

Introduction : Un conflit qui s'enlise et s'étend

Le 28 février 2026 restera dans l'histoire comme le jour où le Moyen-Orient a basculé dans une guerre ouverte. L'offensive conjointe lancée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran, qui a coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei, devait être, selon ses concepteurs, une opération rapide et décisive. L'objectif affiché était clair : éliminer la menace nucléaire iranienne, décapiter le régime des mollahs, et installer un gouvernement favorable à l'Occident. Douze jours plus tard, le constat est tout autre : le conflit s'enlise, s'étend à l'ensemble de la région, et ses conséquences économiques et géopolitiques se font sentir jusqu'aux quatre coins de la planète.

Le 8 mars, l'Assemblée des experts iranienne a officiellement désigné Mojtaba Khamenei, fils du guide défunt, comme nouveau guide suprême. Cette succession dynastique, dans une République qui se voulait islamique, a envoyé un signal fort à l'intérieur comme à l'extérieur : le régime ne pliera pas, et il est prêt à transmettre le pouvoir par le sang s'il le faut. Mais l'homme reste introuvable. Selon des sources de renseignement israéliennes citées par Reuters, il aurait été légèrement blessé dans les frappes et n'a pas encore fait d'apparition publique. La télévision d'État évoque pudiquement qu'il a été "blessé au cours du conflit". Ce silence alimente toutes les spéculations sur la stabilité du régime au moment même où il doit faire face à la plus grave crise de son histoire.

Pendant ce temps, les frappes se multiplient sur tous les fronts. L'Iran a lancé dans la nuit de mardi à mercredi son opération "la plus intense et la plus lourde" depuis le début de la guerre, selon les Gardiens de la révolution. Des missiles ont été tirés vers Israël, vers des bases américaines au Koweït, en Irak, au Qatar et à Bahreïn. En représailles, les États-Unis et Israël ont intensifié leurs bombardements sur le territoire iranien et sur les positions du Hezbollah au Liban, où le bilan humain ne cesse de s'alourdir. Le Hezbollah, fidèle allié de Téhéran, a ouvert un second front contre Israël, transformant la frontière libanaise en zone de combat intense.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite normalement 20 % de la production mondiale de pétrole, est devenu une poudrière. Plusieurs navires marchands ont été touchés ces dernières heures, et les grandes compagnies maritimes suspendent leurs traversées. Le baril de pétrole, après être monté jusqu'à près de 120 dollars, reste à des niveaux historiquement élevés, autour de 88 dollars, malgré l'annonce de possibles déblocages massifs des réserves stratégiques. Les économies occidentales, déjà fragilisées par l'inflation post-COVID et la guerre en Ukraine, vacillent sous le choc pétrolier.

La communauté internationale, impuissante, multiplie les appels à la désescalade. Emmanuel Macron a réuni les chefs d'État du G7 en visioconférence mercredi pour évoquer les conséquences économiques du conflit. La Chine et la Russie appellent à un retour aux négociations, tout en renforçant discrètement leur présence dans la région. Mais sur le terrain, les armes continuent de parler, et personne ne semble en mesure d'arrêter l'engrenage. Pire encore, de nouveaux acteurs pourraient entrer dans la danse, transformant ce qui n'était qu'une confrontation bilatérale en une guerre régionale totale.


La situation militaire : Une escalade sur tous les fronts

Les frappes iraniennes s'intensifient

Dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 mars, l'Iran a lancé ce que les Gardiens de la révolution décrivent comme l'opération "la plus intense et la plus lourde" depuis le début du conflit. Pendant trois heures, une vague de missiles balistiques a été tirée en direction de plusieurs cibles, dans une démonstration de force qui visait autant à frapper militairement qu'à envoyer un message politique.

Vers Israël : Plusieurs salves de missiles ont été détectées par l'armée israélienne, qui a activé ses systèmes de défense aérienne. Des sirènes d'alarme ont retenti à Tel Aviv, à Jérusalem et dans le centre du pays, plongeant des millions d'Israéliens dans la terreur. Selon Tsahal, la plupart des projectiles ont été interceptés par le Dôme de fer et le système Arrow, mais des dégâts matériels ont été signalés dans la région de Tel Aviv. Une école a été partiellement détruite, et plusieurs véhicules ont été endommagés par des éclats. Heureusement, aucun blessé grave n'a été rapporté.

Vers les bases américaines dans le Golfe : Les Gardiens de la révolution affirment avoir visé la base américaine d'Arifjan au Koweït avec quatre missiles. La base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite, qui abrite des militaires américains, a également été ciblée. Au Qatar, la base d'Al Udeid, où sont stationnées des troupes américaines et qui abrite le quartier général du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), a été touchée par des tirs. Ces frappes visent clairement à démontrer la capacité de l'Iran à atteindre les intérêts américains partout dans la région.

Vers les infrastructures énergétiques : L'Iran a revendiqué une attaque de drones contre le champ pétrolier géant de Shaybah, à la frontière entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. La raffinerie de Ruwais aux Émirats, l'une des plus grandes au monde, a été fermée après une attaque de drone. Ces frappes ont un objectif économique clair : perturber l'approvisionnement mondial en pétrole et faire pression sur les économies occidentales.

En mer : Plusieurs navires ont été touchés dans le détroit d'Ormuz. Un porte-conteneurs a été endommagé par un "projectile inconnu" au large des côtes émiraties, selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un autre cargo a été touché plus tard dans la matinée, provoquant un incendie à bord et l'évacuation de l'équipage. Les Gardiens de la révolution ont revendiqué ces attaques, affirmant vouloir "fermer le robinet du pétrole" aux ennemis de l'Iran.

La riposte américano-israélienne ne faiblit pas

Côté américain et israélien, les frappes se poursuivent avec la même intensité. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé que mardi serait marqué par les frappes "les plus intenses" contre l'Iran depuis le début de la guerre, promettant de ne pas "relâcher l'effort" tant que l'Iran ne serait pas "totalement et définitivement vaincu". Une déclaration qui contraste avec les signaux plus ambigus envoyés par Donald Trump.

En Iran : Les bombardements se concentrent sur les installations militaires et les sites gouvernementaux. Des explosions ont été signalées près de l'aéroport de Mehrabad à Téhéran, ainsi que dans la banlieue ouest de la capitale où se trouvent plusieurs bases des Gardiens de la révolution. Les frappes ont également visé des sites nucléaires, notamment à Natanz et à Fordow, mais les autorités iraniennes assurent que les installations sont intactes et que le programme nucléaire se poursuit.

Le bilan officiel fait état de plus de 1 300 civils tués depuis le début du conflit. Parmi eux, plus de 160 écolières ont péri dans le bombardement d'une école dans le sud du pays, un drame qui a choqué l'opinion publique internationale. Les frappes ont également détruit des infrastructures civiles : hôpitaux, écoles, quartiers résidentiels. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent des scènes de désolation, des immeubles effondrés, des familles en larmes.

Au Liban : L'armée israélienne a intensifié ses frappes sur les positions du Hezbollah. Dans la nuit de mardi à mercredi, un immeuble résidentiel du centre de Beyrouth a été touché, faisant d'importants dégâts et provoquant un violent incendie. Selon des journalistes d'Al Jazeera sur place, "c'est un quartier résidentiel densément peuplé. Des familles déplacées qui avaient fui la banlieue sud s'étaient réfugiées ici, certaines dormant dans les rues". Selon les autorités libanaises, le bilan s'élève désormais à 570 morts et près de 760 000 déplacés depuis le début des combats entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le Hezbollah ne reste pas inactif. La milice chiite a tiré des roquettes vers le nord d'Israël, provoquant des incendies et des dégâts matériels. Elle a également revendiqué la destruction d'un hélicoptère israélien dans l'est du Liban. Les affrontements sont dés quotidiens le long de la frontière, et les experts craignent une invasion terrestre israélienne du Sud-Liban, qui ouvrirait un nouveau front et alourdirait encore le bilan humain.

En Irak : Plusieurs bases abritant des troupes américaines ont été la cible de tirs de drones. Un important complexe diplomatique américain près de l'aéroport de Bagdad a été touché, sans faire de victimes. Six membres des Unités de mobilisation populaire (forces pro-iraniennes) ont été tués dans une frappe dans le nord du pays. L'Irak, déjà fragilisé par des années de guerre et d'instabilité, risque de devenir un nouveau champ de bataille entre l'Iran et les États-Unis.

Le Hezbollah entre en scène : l'ouverture d'un second front

L'extension du conflit au Liban était redoutée. Elle est désormais une réalité. Le Hezbollah, allié historique de l'Iran, a officiellement ouvert un second front contre Israël, répondant à l'appel de Téhéran et à la logique de "l'unité des fronts" qui guide la stratégie iranienne.

Dès le 2 mars, des échanges de tirs ont eu lieu à la frontière israélo-libanaise. Mais depuis la nomination de Mojtaba Khamenei et l'intensification des frappes iraniennes, le conflit a pris une ampleur nouvelle. Le Hezbollah dispose d'un arsenal estimé à plus de 150 000 roquettes et missiles, dont certains sont capables d'atteindre Tel Aviv. C'est une menace existentielle pour Israël, qui doit désormais gérer deux fronts simultanément.

Israël a répondu avec une violence inouïe. Les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, se multiplient. Des immeubles entiers sont rasés, des infrastructures détruites. L'armée israélienne a également frappé des positions dans la plaine de la Bekaa, dans l'est du Liban, où se trouvent des dépôts d'armes du Hezbollah.

Les conséquences humanitaires sont catastrophiques. Des centaines de milliers de Libanais fuient les zones de combat, se réfugiant dans des écoles, des mosquées, ou dormant à la belle étoile. Le Liban, déjà en plein effondrement économique, n'a pas les moyens de faire face à cette crise. Les hôpitaux sont débordés, les pénuries de médicaments et de nourriture s'aggravent.

Le détroit d'Ormuz, nouveau champ de bataille

Le détroit d'Ormuz, ce passage stratégique large de seulement 50 kilomètres par lequel transite normalement un cinquième du pétrole mondial, est devenu l'épicentre de l'escalade maritime. Le commandant de la marine des Gardiens de la révolution a annoncé que l'Iran utiliserait "des missiles et des sous-marins" pour entraver le passage de la flotte américaine et de ses alliés. Une déclaration de guerre économique.

Donald Trump a réagi sur son réseau Truth Social, mettant en garde l'Iran contre tout minage du détroit : "Si l'Iran a posé des mines dans le détroit d'Ormuz, et nous n'avons aucun rapport en ce sens, nous voulons qu'elles soient retirées, IMMÉDIATEMENT !". Il a affirmé que les forces américaines avaient déjà "complètement détruit" dix navires iraniens poseurs de mines.

Malgré ces avertissements, plusieurs attaques contre des navires marchands ont eu lieu dans la zone. Un pétrolier battant pavillon des Îles Marshall a été touché par un missile, provoquant une fuite de pétrole. Un autre navire, un porte-conteneurs, a été endommagé par une mine. Les grandes compagnies maritimes, comme Maersk et MSC, ont annoncé la suspension temporaire de leurs traversées du détroit, accentuant la pression sur les marchés pétroliers.

La présence navale américaine dans la zone a été considérablement renforcée. Le groupe aéronaval du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower patrouille dans le golfe d'Oman, prêt à intervenir. Mais l'Iran a prévenu que toute tentative de déminage ou d'escorte serait considérée comme un acte de guerre.


La situation humanitaire : Un lourd bilan civil

En Iran : plus de 1 300 civils tués

Selon les autorités iraniennes, le bilan des frappes américano-israéliennes s'élève désormais à plus de 1 300 civils tués depuis le début du conflit. Ce chiffre, difficile à vérifier de manière indépendante en raison des restrictions imposées aux journalistes étrangers, inclurait notamment plus de 160 écolières tuées dans le bombardement d'une école dans le sud du pays. Un drame qui a suscité l'émotion dans le monde entier, mais n'a pas fait fléchir la détermination des belligérants.

Les frappes visent principalement des sites militaires et gouvernementaux, mais leurs conséquences sur les populations civiles sont dévastatrices. Une habitante de Téhéran témoigne auprès de l'AFP, sous couvert d'anonymat : "On se rassurait en pensant que les bombardements ne visent pas les immeubles ordinaires, mais plutôt les commissariats, les mosquées, les sites militaires. Mais imaginez : un commissariat est touché au bout de votre rue. Toutes vos fenêtres volent en éclats. C'est ce que beaucoup de gens ont vécu".

Les hôpitaux iraniens sont débordés. Les médecins travaillent jour et nuit, manquent de matériel et de médicaments. Les sanctions internationales, qui n'ont pas été levées, compliquent encore l'approvisionnement. Le Croissant-Rouge iranien lance des appels à l'aide, mais la communauté internationale, focalisée sur les aspects géopolitiques du conflit, semble oublier les victimes civiles.

Les autorités iraniennes, tout en gérant la crise militaire, surveillent également d'éventuelles contestations intérieures. Le chef de la police nationale a prévenu que tout manifestant soutenant les ennemis de l'Iran serait traité comme "un ennemi" et non plus comme un simple protestataire. Une trentaine de personnes ont été arrêtées pour espionnage au profit des États-Unis et d'Israël. Le régime craint une cinquième colonne, des opposants qui profiteraient du chaos pour tenter de renverser le système.

Au Liban : l'escalade meurtrière

Le Liban paie un lourd tribut à l'extension du conflit. Selon les dernières données officielles, 570 personnes ont été tuées et près de 760 000 déplacées depuis le 2 mars, date du début des affrontements ouverts entre le Hezbollah et Israël. Des chiffres qui rappellent les heures les plus sombres de la guerre civile libanaise.

Les frappes israéliennes ne se limitent plus aux bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du pays. Dans la nuit de mardi à mercredi, un immeuble résidentiel du centre de la capitale a été touché, provoquant un violent incendie. Selon des journalistes d'Al Jazeera sur place, "c'est un quartier résidentiel densément peuplé. Des familles déplacées qui avaient fui la banlieue sud s'étaient réfugiées ici, certaines dormant dans les rues". Le bilan de cette frappe s'élève à 23 morts, dont des femmes et des enfants.

Le personnel médical est également touché : un ambulancier de la Croix-Rouge libanaise a succombé à ses blessures après que son ambulance, pourtant clairement identifiée, a été frappée par une frappe israélienne. Une violation du droit international humanitaire qui a suscité l'indignation des organisations humanitaires.

Le Liban, déjà en proie à une crise économique et politique sans précédent depuis 2019, est au bord de l'effondrement. Les déplacés s'entassent dans des conditions précaires. Les pénuries de nourriture, d'eau, de médicaments se généralisent. Le gouvernement, paralysé par les divisions politiques, est incapable de répondre à la crise. La communauté internationale promet une aide d'urgence, mais les promesses tardent à se concrétiser.

Dans le Golfe : des victimes collatérales

Les pays du Golfe, pris entre deux feux, subissent également des pertes humaines. Aux Émirats arabes unis, six ressortissants (émiratis, pakistanais, népalais et bangladais) ont été tués, et 122 personnes de diverses nationalités ont été blessées dans les attaques iraniennes. Ces chiffres, relativement faibles comparés aux bilans iranien et libanais, n'en sont pas moins tragiques pour les familles concernées.

À Dubaï, quatre personnes ont été blessées par la chute de deux drones près de l'aéroport international, dont trois de nationalité ghanéenne et un Indien. Les autorités émiraties assurent que le trafic aérien n'a pas été perturbé, mais l'image de sécurité et de stabilité que Dubaï a cultivée pendant des années est écornée.

Au Koweït, des civils ont été blessés par des tirs de missiles. À Bahreïn, des habitations ont été endommagées. Partout dans le Golfe, la population vit dans la peur, se demandant quel sera le prochain pays visé, quelle sera la prochaine frappe.


L'impact économique : Le pétrole flambe, l'économie mondiale menacée

La crise pétrolière

La fermeture virtuelle du détroit d'Ormuz et les attaques contre les infrastructures énergétiques ont provoqué une flambée sans précédent des cours du pétrole. Le baril de Brent a dépassé les 110 dollars lundi, avant de redescendre légèrement autour de 88 dollars mercredi après l'annonce de possibles interventions des réserves stratégiques. Mais les analystes préviennent que ces niveaux restent dangereusement élevés et que la volatilité va perdurer.

Depuis le début du conflit, le prix du baril a grimpé de plus de 60 %, du jamais vu sur une période aussi courte, même en comparaison avec le choc pétrolier de 1973 ou l'invasion de l'Ukraine en 2022. Les conséquences se font sentir dans le monde entier : le prix de l'essence à la pompe flambe, les industries énergivores s'inquiètent pour leur survie, et les banques centrales redoutent une nouvelle poussée d'inflation qui les obligerait à maintenir des taux d'intérêt élevés, pénalisant la croissance.

Le PDG de Saudi Aramco, Amin Nasser, a averti que les perturbations prolongées auront des "conséquences considérables" sur les flux énergétiques mondiaux et l'économie en général. Environ 17 % de l'offre mondiale de pétrole transite normalement par la zone touchée, et les perturbations ont déjà entraîné une perte de près de 80 millions de barils, selon ses calculs. Si le détroit reste fermé plusieurs semaines, ce sont des centaines de millions de barils qui ne parviendront pas aux marchés mondiaux.

La réponse internationale

Face à cette crise, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a proposé le plus important déblocage de réserves stratégiques de son histoire. Ce dispositif, qui devrait être acté dans la journée, dépasserait les 182 millions de barils libérés lors de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022. Les États-Unis, qui disposent des plus grandes réserves stratégiques au monde, sont prêts à puiser massivement dans leur stock pour faire baisser les prix.

Les ministres de l'Énergie du G7, réunis en urgence, n'ont pas encore donné leur feu définitif, mais une source proche des discussions indique qu'"aucun pays n'est actuellement confronté à des pénuries physiques de pétrole brut, mais les prix augmentent fortement et ne pas réagir n'est pas une option". La difficulté réside dans la coordination : il faut que tous les pays membres agissent de concert pour que l'impact soit significatif.

Les discussions pourraient être étendues à des pays non membres de l'AIE, comme la Chine et l'Inde, pour maximiser l'impact de l'opération. Pékin et New Delhi, gros importateurs de pétrole, sont tout aussi vulnérables à la flambée des prix et ont intérêt à coopérer. Mais leurs relations avec l'Iran, traditionnel fournisseur, compliquent la donne.

Les conséquences sectorielles

L'aviation : Le transport aérien est sévèrement perturbé. L'espace aérien irakien est fermé pour 72 heures supplémentaires. Les grandes compagnies aériennes multiplient les annulations et les détournements de vols. Air India et sa filiale low-cost ont programmé 58 vols vers et depuis la région mercredi, mais dans des conditions difficiles. Les compagnies européennes et asiatiques évitent désormais systématiquement l'espace aérien iranien et irakien, rallongeant les trajets et augmentant les coûts.

Le transport maritime : Plusieurs compagnies maritimes suspendent leurs traversées du détroit d'Ormuz. Les primes d'assurance pour les navires transitant par la zone ont explosé, renchérissant encore le coût du transport. Les armateurs redoutent des attaques, des saisies, des mines. Certains envisagent de contourner l'Afrique, ce qui allongerait les trajets de plusieurs semaines et ferait exploser les coûts logistiques.

Le GPL : L'Inde, particulièrement dépendante des importations de gaz de la région, commence à ressentir les effets de la crise. L'approvisionnement en gaz de cuisine (GPL) est menacé, et les hôtels et restaurants indiens font face à des pénuries. Le gouvernement indien cherche des fournisseurs alternatifs, mais les options sont limitées.

L'industrie : Les industries européennes, asiatiques et américaines, déjà fragilisées par la hausse des coûts de l'énergie depuis 2022, sont durement touchées. Les usines chimiques, les cimenteries, les aciéries, toutes très consommatrices d'énergie, réduisent leur production ou ferment temporairement. Le spectre de la désindustrialisation plane sur l'Europe.


Les réactions internationales : Appels à la désescalade et positionnements stratégiques

Les puissances occidentales

Les États-Unis : Donald Trump affiche une position ambiguë, symptomatique de son style erratique. Après avoir déclaré que la campagne militaire serait terminée "très bientôt", il a ensuite évoqué une possible escalade, avant de laisser entendre qu'une négociation restait possible avec l'Iran. Ses messages sur Truth Social alternent menaces martiales ("Ils ne tiendront pas longtemps sans mon aval") et ouvertures diplomatiques ("Je suis prêt à parler à n'importe qui, n'importe quand").

Cette ambiguïté reflète les divisions au sein de l'administration américaine. D'un côté, les faucons du Pentagone, menés par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, poussent à une escalade jusqu'à la "défaite totale" de l'Iran. De l'autre, les diplomates du département d'État, conscients des risques d'un embrasement régional et de l'impact économique, plaident pour une solution négociée. Trump, fidèle à son habitude, laisse ses subordonnés s'affronter tout en gardant la main sur les décisions finales.

La France : Emmanuel Macron a réuni les chefs d'État et de gouvernement du G7 en visioconférence mercredi pour discuter des "conséquences économiques de la guerre en Iran, notamment la situation énergétique et les mesures pour les atténuer". Paris maintient une posture officiellement défensive, tout en ayant dépêché d'importants moyens militaires dans la région : le porte-avions Charles de Gaulle et un porte-hélicoptères sont positionnés en Méditerranée orientale, prêts à intervenir si nécessaire.

Le porte-parole du Quai d'Orsay, Pascal Confavreux, a martelé sur France 24 : "Nous ne sommes pas dans cette guerre, nous ne souhaitons pas l'être et nous ne la voulons pas". Mais la présence militaire française, officiellement destinée à protéger les ressortissants et les alliés (notamment les Émirats arabes unis), est perçue par Téhéran comme une provocation supplémentaire.

L'Union européenne : Les dirigeants européens se disent prêts à jouer un rôle dans l'apaisement des tensions et appellent à la désescalade et au retour aux négociations. Mais l'UE est divisée. Les pays du Sud, comme l'Espagne et l'Italie, dépendent fortement des importations de pétrole et de gaz et sont plus sensibles à l'impact économique. Les pays du Nord, comme l'Allemagne et les Pays-Bas, sont plus préoccupés par la stabilité géopolitique. La Hongrie et la Slovaquie, proches de la Russie, freinent des quatre fers pour éviter de nouvelles sanctions.

Les puissances émergentes

La Russie : Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi pour discuter de la situation. Moscou réitère ses appels à une désescalade rapide et à un retour à un règlement politique et diplomatique. Mais la Russie joue un jeu complexe. D'un côté, elle est alliée de l'Iran dans son opposition à l'hégémonie américaine. De l'autre, elle ne souhaite pas une escalade qui déstabiliserait davantage le marché pétrolier, d'autant qu'elle est elle-même un producteur majeur.

La Russie pourrait jouer un rôle de médiateur, comme elle l'a fait dans d'autres conflits. Mais sa crédibilité est limitée par son propre engagement militaire en Ukraine et par ses relations complexes avec les différentes parties.

La Chine : Pékin appelle à un cessez-le-feu immédiat et au respect de la souveraineté des nations. L'envoyé spécial du gouvernement chinois sur la question du Moyen-Orient est en visite dans la région pour promouvoir la désescalade. La Chine, premier importateur mondial de pétrole, est extrêmement vulnérable à la flambée des prix. Elle a tout intérêt à une résolution rapide du conflit.

Mais la Chine est aussi un allié économique de l'Iran, qu'elle considère comme un partenaire clé dans sa stratégie des Nouvelles routes de la soie. Elle ne peut pas se permettre de perdre ce partenaire, ni de le voir s'effondrer. Son rôle de médiateur est donc délicat.

L'Inde : Le ministre des Affaires étrangères S. Jaishankar s'est entretenu avec son homologue iranien, leur troisième conversation depuis le début de la crise. New Delhi cherche à protéger sa sécurité énergétique tout en appelant au dialogue. L'Inde importe la majeure partie de son pétrole du Moyen-Orient, et la flambée des prix frappe durement son économie, déjà fragilisée par le chômage et l'inflation.

Les pays de la région

L'Arabie saoudite : Le royaume, pris pour cible par des frappes iraniennes, a intercepté sept missiles balistiques et une vague de drones. Riyad appelle à la retenue mais reste sous pression. Le royaume est pris entre deux feux : d'un côté, son alliance historique avec les États-Unis ; de l'autre, sa volonté de préserver des relations pragmatiques avec l'Iran, avec lequel il a renoué le dialogue en 2023 sous l'égide de la Chine.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a fait de la stabilité régionale une priorité de sa stratégie économique (Vision 2030), voit ses plans compromis par cette guerre. Les investissements étrangers, vitaux pour la diversification de l'économie saoudienne, risquent de fuir.

Les Émirats arabes unis : Sévèrement touchés par les attaques, les Émirats tentent de gérer la crise tout en maintenant leurs relations avec les États-Unis. Abou Dhabi, qui a normalisé ses relations avec Israël en 2020 (accords d'Abraham), est désormais pris entre son allié américain, son nouveau partenaire israélien, et son puissant voisin iranien.

Israël : Le gouvernement israélien, dirigé par Benyamin Netanyahou, affiche une détermination sans faille. "Nous frapperons l'Iran partout où il se trouve, et nous le frapperons durement", a déclaré le Premier ministre. Mais l'opinion publique israélienne commence à s'inquiéter. Les sirènes qui retentissent à Tel Aviv, les images de roquettes interceptées dans le ciel, les appels à rejoindre les unités de réserve : tout cela rappelle aux Israéliens que leur pays, malgré sa puissance militaire, est vulnérable.

La Corée du Nord : Dans une prise de position qui en dit long sur les nouvelles alliances, Pyongyang a officiellement annoncé "respecter" le choix de Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême et a condamné l'attaque "illégale" des États-Unis et d'Israël contre l'Iran. La Corée du Nord et l'Iran, tous deux sous sanctions internationales, partagent une hostilité commune envers les États-Unis et pourraient renforcer leur coopération militaire.


La recomposition géopolitique : Nouvelles alliances, nouvelles menaces

L'axe Iran-Russie-Chine se consolide

La guerre en Iran a accéléré un mouvement qui était déjà à l'œuvre : la consolidation d'un axe anti-occidental réunissant l'Iran, la Russie et la Chine. Ces trois pays, aux intérêts parfois divergents, partagent une même hostilité envers ce qu'ils perçoivent comme l'hégémonie américaine.

La Russie y voit l'opportunité de détourner l'attention et les ressources militaires américaines de l'Ukraine. Plus les États-Unis s'enlisent au Moyen-Orient, moins ils peuvent soutenir Kiev. Moscou a déjà augmenté ses livraisons d'armes à Téhéran, notamment des systèmes de défense aérienne S-400.

La Chine y voit une occasion de renforcer sa présence au Moyen-Orient. Pékin, qui a déjà négocié le rapprochement entre l'Arabie saoudite et l'Iran en 2023, se pose en médiateur indispensable. Mais elle y voit aussi une menace pour ses approvisionnements pétroliers. Son rôle est donc ambigu : elle pousse à la désescalade tout en soutenant diplomatiquement l'Iran.

L'Iran, désormais dirigé par Mojtaba Khamenei, se tourne naturellement vers ces deux alliés. Des discussions sont en cours pour un accord de défense mutuelle entre Téhéran et Moscou, qui officialiserait leur alliance militaire.

Le Golfe éclaté

La guerre a également révélé les fractures au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG). D'un côté, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, alliés traditionnels des États-Unis, sont pris pour cible par l'Iran. De l'autre, le Qatar, qui abrite la plus grande base américaine de la région, est également attaqué. Le Koweït et Bahreïn subissent des frappes.

Certains pays du Golfe, comme Oman, tentent de jouer un rôle de médiateur. Mais la pression est énorme. Les monarchies du Golfe réalisent qu'elles ne peuvent plus compter uniquement sur le parapluie américain. Certaines envisagent de diversifier leurs alliances, notamment avec la Chine et la Russie.

Le Hezbollah et Israël : une guerre dans la guerre

L'ouverture du front libanais a créé une situation extrêmement dangereuse. Le Hezbollah, qui n'avait pas engagé toutes ses forces, est désormais en guerre ouverte avec Israël. Les frappes israéliennes sur Beyrouth et le Sud-Liban font des centaines de morts, tandis que les roquettes du Hezbollah s'abattent sur le nord d'Israël.

Israël, qui a déjà du mal à gérer le front iranien, doit désormais faire face à une milicie extrêmement bien armée, soutenue par Téhéran. Les réservistes sont rappelés, l'économie est perturbée, et la population vit dans la peur.

Une invasion terrestre du Sud-Liban, évoquée par certains responsables israéliens, serait un risque énorme. Elle ouvrirait un nouveau front, entraînerait des pertes humaines considérables, et pourrait provoquer une intervention encore plus massive de l'Iran.


Perspectives : Vers un enlisement durable ?

Alors que le conflit entre dans sa deuxième semaine, plusieurs scénarios se dessinent. Aucun n'est rassurant.

L'hypothèse d'une guerre longue. Les Gardiens de la révolution ont affirmé pouvoir tenir "six mois ou plus" et promis "œil pour œil". L'Iran semble déterminé à poursuivre ses frappes tant que les attaques américano-israéliennes ne cesseront pas. Le nouveau guide suprême, même blessé et invisible, incarne cette ligne dure. Son absence prolongée pourrait fragiliser le régime, mais pour l'instant, les Gardiens tiennent le pays d'une main de fer.

L'Iran a appris les leçons de la guerre Iran-Irak (1980-1988). Il sait qu'il ne peut pas vaincre militairement les États-Unis, mais il peut leur infliger des pertes suffisamment douloureuses pour les pousser à négocier. La stratégie iranienne est claire : tenir, user l'ennemi, frapper ses alliés dans la région, et faire monter les prix du pétrole pour mettre la pression sur les économies occidentales.

L'échec des objectifs américains. Selon des analystes cités par Xinhua, "les États-Unis se trouvent dans un dilemme". Loin d'avoir obtenu la reddition du régime ou son effondrement, ils ont au contraire provoqué la désignation rapide d'un successeur encore plus radical que son père. Les objectifs affichés (élimination du programme balistique, réduction à zéro de l'uranium enrichi, changement de régime) sont loin d'être atteints.

Les États-Unis, pris dans un engrenage, ne savent pas comment en sortir. S'ils cessent les frappes, ils donnent l'impression de faiblesse et laissent l'Iran renforcé. S'ils intensifient, ils risquent une guerre régionale totale et un choc pétrolier dévastateur pour l'économie mondiale. Le dilemme est cornélien.

La pression économique. La flambée des prix du pétrole pourrait devenir une arme à double tranchant. Si elle affaiblit l'économie mondiale et pousse les populations occidentales à faire pression sur leurs gouvernements, elle pourrait aussi étrangler des économies dépendantes comme l'Inde ou l'Europe. Les pays occidentaux, déjà confrontés à l'inflation et à la baisse du pouvoir d'achat, pourraient être tentés de faire des concessions pour éviter un désastre économique.

L'absence de perspective diplomatique. L'Iran a exclu toute reprise des négociations avec les États-Unis, évoquant "chaque expérience amère de discussion avec les Américains". La communauté internationale appelle à la désescalade, mais aucun canal diplomatique crédible n'a émergé pour l'instant.

Les efforts de médiation de la Chine, de la Russie, du Qatar ou d'Oman n'ont pour l'instant abouti à rien. Les positions sont trop éloignées, les rancunes trop profondes, les intérêts trop contradictoires.

Le spectre d'une guerre régionale totale

Le scénario le plus redouté est celui d'une extension du conflit à l'ensemble de la région. Si l'Iran attaque massivement les installations pétrolières saoudiennes, si Israël envahit le Sud-Liban, si les États-Unis bombardent les sites nucléaires iraniens, si le Hezbollah tire des milliers de roquettes sur Tel Aviv, si les milices chiites irakiennes attaquent les bases américaines, si les Houthis yéménites ferment le détroit de Bab el-Mandeb... alors ce sera la guerre totale.

Dans ce scénario, les pertes humaines se compteraient par dizaines de milliers, les déplacés par millions, les dégâts économiques par centaines de milliards de dollars. Le prix du pétrole dépasserait les 200 dollars, provoquant une récession mondiale comparable à celle de 1929. Les alliances se retourneraient, les régimes vacilleraient, et le Moyen-Orient deviendrait un enfer sur terre pour des décennies.

L'espoir d'une désescalade

Malgré tout, certains gardent espoir. L'histoire du Moyen-Orient est faite de conflits apparemment insolubles qui ont fini par trouver une issue diplomatique. Les précédents existent : les accords d'Oslo, la paix israélo-jordanienne, le désarmement chimique syrien, l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 (avant que Trump ne le dénonce).

Pour qu'une solution diplomatique émerge, il faudrait que les deux camps réalisent qu'ils ne peuvent pas gagner militairement. Il faudrait que les coûts humains et économiques deviennent insupportables. Il faudrait que des médiateurs crédibles, peut-être la Chine ou la Russie, proposent une formule acceptable par tous.

Mais pour l'instant, les armes parlent plus fort que les mots. Et chaque jour qui passe rend la solution diplomatique plus difficile, les positions plus radicales, les rancunes plus profondes.


Conclusion : Un conflit aux conséquences incalculables

Douze jours après le début de l'offensive américano-israélienne, le conflit a pris une ampleur que ses initiateurs n'avaient sans doute pas anticipée. L'Iran, loin de s'effondrer, a organisé sa succession à la tête de l'État et multiplie les frappes à travers toute la région. Le Liban paie un lourd tribut à l'extension des combats. Les pays du Golfe sont pris entre deux feux. L'économie mondiale vacille sous la flambée des prix du pétrole.

Le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, dont on ne sait même pas s'il est en état d'apparaître en public, incarne cette ligne dure qui refuse toute négociation. Les États-Unis, de leur côté, semblent chercher une issue sans vouloir perdre la face. Israël, engagé sur deux fronts, voit ses ressources s'épuiser. Le Hezbollah, fidèle à son alliance avec Téhéran, entraîne le Liban dans la guerre.

Pendant ce temps, des milliers de civils sont tués, blessés, déplacés. Des infrastructures vitales sont détruites. L'avenir de toute une région est en jeu. Et personne, pour l'instant, ne semble en mesure d'arrêter cette machine de guerre qui tourne à plein régime.

Le 28 février 2026 restera dans l'histoire comme le début d'une nouvelle ère. Une ère de chaos, de violence, d'incertitude. Une ère où les anciennes certitudes géopolitiques volent en éclats, où les alliances se recomposent, où la guerre devient la norme plutôt que l'exception.

Le monde retient son souffle, impuissant, devant ce conflit dont personne ne peut prédire l'issue. Une seule certitude : les conséquences s'en feront sentir pendant des décennies, bien au-delà des frontières du Moyen-Orient.