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Guerre en Iran : 12e jour du conflit, entre déclarations de victoire américaines et résistance iranienne

zossnews

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22 min de lecture12 mars 2026Mis à jour le 12 mars

Alors que le conflit déclenché le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran entre dans son douzième jour, les déclarations contradictoires se multiplient. Donald Trump a proclamé mercredi que "nous avons gagné" et que la guerre s'achèvera "bientôt", affirmant qu'il n'y a "pratiquement plus rien à cibler" en Iran. Pourtant, sur le terrain, les hostilités se poursuivent avec une intensité redoublée : l'Iran a lancé de nouvelles frappes contre des cibles économiques américaines et israéliennes dans la région, tandis que les bombardements américano-israéliens continuent de viser les infrastructures iraniennes. Le bilan humain s'alourdit avec plus de 1 200 morts côté iranien, et des milliers de victimes collatérales au Liban et dans les pays du Golfe. La crise économique mondiale s'aggrave avec un baril de pétrole qui reste volatile, tandis que l'ONU s'inquiète d'une aggravation de la répression interne en Iran. Entre les exigences iraniennes de réparations de guerre et les conditions de reddition inconditionnelle posées par Washington, aucune issue diplomatique ne se profile.

Guerre en Iran : 12e jour du conflit, entre déclarations de victoire américaines et résistance iranienne

Introduction : Une guerre aux déclarations contradictoires

Ce jeudi 12 mars 2026, alors que le conflit déclenché le 28 février par l'offensive conjointe des États-Unis et d'Israël contre l'Iran entre dans son douzième jour, une étrange cacophonie règne sur les intentions des belligérants. D'un côté, le président américain Donald Trump clame haut et fort que "nous avons gagné" et que la guerre s'achèvera "bientôt", affirmant qu'il n'y a "pratiquement plus rien à cibler" en Iran . De l'autre, les Gardiens de la révolution promettent d'intensifier leurs frappes contre les "centres économiques et les banques" américains et israéliens dans la région , tandis que les bombardements se poursuivent sur Téhéran et que des navires sont encore attaqués dans le Golfe .

Cette dissonance reflète peut-être la réalité d'un conflit qui n'a pas tenu ses promesses. L'opération "Epic Fury" devait être, selon ses concepteurs, une campagne rapide et décisive visant à détruire les capacités balistiques iraniennes, à éliminer la menace nucléaire et, dans l'esprit de certains, à provoquer un changement de régime. Douze jours plus tard, le constat est plus nuancé : si les infrastructures militaires iraniennes ont été sévèrement endommagées – plus de 5 500 cibles frappées, 60 navires détruits – le régime des mollahs tient toujours. Mieux, il a organisé sa succession avec la nomination de Mojtaba Khamenei, fils du guide défunt, et il continue de frapper ses ennemis là où ça fait mal : l'économie.

Sur le terrain, les hostilités n'ont pas cessé. L'Irak a dû fermer les opérations de son port pétrolier après des attaques meurtrières contre deux pétroliers étrangers . Bahreïn, le Koweït, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite continuent d'intercepter missiles et drones iraniens . Les frappes israéliennes sur Beyrouth se poursuivent, aggravant une crise humanitaire déjà dramatique au Liban.

Pendant ce temps, les conséquences économiques mondiales du conflit se font sentir avec une acuité croissante. Les prix du pétrole, après avoir frôlé les 100 dollars, restent volatils. Le Bangladesh rationne son carburant . L'Égypte a augmenté le prix des carburants de 30 %, plongeant les ménages les plus modestes dans l'angoisse . Et l'ONU s'inquiète d'une aggravation de la répression interne en Iran, où la population se retrouve prise entre les bombes et un régime qui pourrait profiter du conflit pour renforcer son emprise .

Dans ce contexte chaotique, une lueur diplomatique apparaît peut-être : le président iranien Massoud Pezeshkian a posé trois conditions pour mettre fin à la guerre : la reconnaissance des droits légitimes de Téhéran, le paiement de réparations et des garanties internationales fermes contre toute future agression . Des conditions que Washington, qui exige une "reddition inconditionnelle" , semble bien loin d'accepter.


Les déclarations de victoire américaines : entre triomphalisme et réalités du terrain

"Nous avons gagné" : l'annonce choc de Donald Trump

Mercredi 11 mars, lors d'un événement public à Hebron, dans le Kentucky, Donald Trump a fait une déclaration qui a immédiatement fait le tour du monde : "Laissez-moi dire que nous avons gagné. On n'aime jamais dire trop tôt qu'on a gagné. Nous avons gagné. Nous avons gagné. Dès la première heure, c'était fini" .

Cette proclamation triomphale intervient alors que l'opération "Epic Fury" entre dans son douzième jour. Selon le président américain, les objectifs militaires sont quasiment atteints. Dans un entretien accordé au média Axios, il a affirmé que la guerre avec la République islamique prendra fin "bientôt" car les cibles se font rares : "À tout moment où je veux que ça s'arrête, ça s'arrêtera" .

Trump a dressé un bilan extrêmement positif de l'opération : "Nous sommes bien en avance sur le calendrier. Nous avons fait plus de dégâts que nous ne le pensions possible, même sur la période initiale de six semaines" . Selon lui, l'Iran paie aujourd'hui pour "47 années de mort et de destruction" causées par le régime.

Le bilan militaire américain : des chiffres impressionnants

Les déclarations de Trump s'appuient sur des chiffres communiqués par le commandement central américain (CENTCOM). L'amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, a indiqué que les forces américaines ont frappé plus de 5 500 cibles en Iran depuis le début de l'opération le 28 février, dont plus de 60 navires .

Trump a particulièrement insisté sur la destruction de la marine iranienne : "Nous sommes à 60 bateaux. Je ne réalisais pas qu'ils avaient une si grande marine – qui était, je dirais, grande et inefficace. Mais pratiquement tous leurs navires, pratiquement toute leur marine, a disparu" . Il a également affirmé que l'Iran a perdu sa marine et son aviation : "Ils n'ont aucun système antiaérien du tout. Ils n'ont pas de radar. Leurs dirigeants sont partis" .

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait annoncé plus tôt que mardi serait marqué par les frappes "les plus intenses" contre l'Iran, promettant de ne pas "relâcher l'effort" tant que l'Iran ne serait pas "totalement et définitivement vaincu" .

Le revers de la médaille : une guerre qui n'a pas tenu ses promesses

Pourtant, derrière ce triomphalisme, des signes montrent que la réalité est plus complexe. D'abord, Trump lui-même nuance son propos : "Nous ne voulons pas partir trop tôt, n'est-ce pas ? Nous devons finir le travail" . Une déclaration qui suggère que les opérations ne sont pas tout à fait terminées.

Ensuite, les frappes iraniennes se poursuivent. Le 11 mars, Téhéran a lancé ce que les Gardiens de la révolution ont décrit comme leur salve "la plus intense et la plus lourde" . Des missiles ont été tirés vers Israël, et des drones ont visé le champ pétrolier saoudien de Shaybah . L'Irak a dû fermer les opérations de son port pétrolier après des attaques contre des pétroliers .

Surtout, l'administration Trump est rattrapée par des polémiques embarrassantes. Le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, a dû retirer un message sur X affirmant que la marine américaine avait "escorté avec succès un pétrolier à travers le détroit d'Ormuz" – ce qui s'est révélé faux . La Maison-Blanche a dû reconnaître que la marine n'avait en réalité escorté aucun navire.

Enfin, le Pentagon fait face à des accusations concernant le bombardement d'une école en Iran qui a tué au moins 168 enfants . Selon des sources anonymes citées par le New York Times, l'enquête préliminaire de l'administration aurait conclu que les États-Unis étaient responsables de cette frappe, l'armée ayant utilisé des informations obsolètes pour cibler un missile Tomahawk . Un rapport que la Maison-Blanche refuse de confirmer, mais qui jette une ombre sur la communication officielle.


La situation militaire au 12e jour : une escalade qui se poursuit

Les frappes iraniennes : l'économie comme cible

Malgré les déclarations de victoire américaines, l'Iran continue de frapper. Mercredi 11 mars, le commandement militaire central Khatam Al-Anbiya a publié un communiqué menaçant : "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et les banques appartenant aux États-Unis et au régime sioniste" . Le communiqué a appelé les populations de la région à ne pas s'approcher à moins d'un kilomètre des banques.

Cette menace a été mise à exécution dans la nuit. Des médias iraniens ont rapporté que des frappes américano-israéliennes avaient touché une banque à Téhéran, tuant un nombre non précisé d'employés. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé sur X : "Une succursale de la plus ancienne banque de mon pays a été bombardée alors qu'elle était pleine d'employés. Nos forces armées exigeront justice pour ce crime" .

L'Iran a également revendiqué des frappes contre Bahreïn et le Kurdistan irakien, tous deux abritant d'importantes présences américaines, ainsi que contre une base aérienne américaine au Koweït . Le Koweït a indiqué avoir abattu huit drones, sans plus de détails.

Dans le Golfe, la tension reste extrême. L'agence maritime britannique UKMTO a signalé qu'un porte-conteneurs au large des Émirats arabes unis avait été touché par un "projectile inconnu" , illustrant les risques persistants pour le transport maritime dans la région.

Les frappes israéliennes et américaines : l'Iran sous pression

Côté israélien, les frappes se poursuivent. Le 7 mars, l'armée israélienne avait annoncé une nouvelle vague de frappes "à grande échelle" sur Téhéran . Le 8 mars, elle a visé des sites de stockage de carburant dans la capitale iranienne, provoquant des colonnes de fumée visibles dans le ciel nocturne .

Ces frappes sur les infrastructures énergétiques marquent une escalade significative. Pour la première fois, des installations civiles industrielles ont été délibérément ciblées . Les autorités iraniennes ont dû annoncer une "interruption temporaire" de la distribution de carburant à Téhéran en raison des dommages causés au réseau d'approvisionnement .

Le CENTCOM a indiqué que plus de 3 000 cibles iraniennes avaient été frappées au cours de la première semaine, y compris des quartiers généraux des Gardiens de la révolution, des centres de commandement, des systèmes de défense aérienne, des sites de missiles, des navires de guerre et des sous-marins .

Le Hezbollah et le front libanais : une guerre dans la guerre

L'extension du conflit au Liban se confirme jour après jour. Le Hezbollah, allié de l'Iran, est désormais pleinement engagé. Le 8 mars, le ministre libanais de la Santé a annoncé que 394 personnes avaient été tuées en une semaine de conflit entre le Hezbollah et Israël, dont 83 enfants .

Les frappes israéliennes sur Beyrouth se sont intensifiées. Le 11 mars, une frappe a touché un quartier central de la capitale libanaise . L'Iran a déposé une plainte auprès des Nations unies après que quatre de ses diplomates ont été tués dans une frappe sur un hôtel en bord de mer à Beyrouth le 8 mars, qu'Israël a présentée comme visant des "commandants clés" des Gardiens de la révolution .

Le 12 mars, de nouvelles frappes israéliennes ont été signalées sur Beyrouth , confirmant que le front libanais reste actif malgré les déclarations de victoire américaines.

Le détroit d'Ormuz : une poudrière maritime

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement 20 % du pétrole mondial, reste le point névralgique du conflit. Les États-Unis affirment avoir détruit 16 navires iraniens poseurs de mines près du détroit . Trump a menacé sur les réseaux sociaux : "Si pour une raison quelconque des mines ont été posées, et qu'elles ne sont pas retirées immédiatement, les conséquences militaires pour l'Iran seront à un niveau jamais vu" .

Malgré ces avertissements, les incidents se multiplient. Le 7 mars, un remorqueur émirati a été touché par deux missiles alors qu'il tentait de porter assistance à un porte-conteneurs maltais, également touché . Trois marins indonésiens sont toujours portés disparus .

Le 12 mars, l'Irak a annoncé la fermeture des opérations de son port pétrolier après des attaques meurtrières contre deux pétroliers étrangers , signe que la menace s'étend désormais à l'ensemble de la région.


Le bilan humain : des milliers de morts et des déplacements massifs

En Iran : plus de 1 200 morts selon les autorités

Selon les autorités iraniennes, le bilan des frappes américano-israéliennes s'élève désormais à plus de 1 200 morts, et plus de 10 000 civils blessés . Des chiffres difficiles à vérifier de manière indépendante en raison des restrictions imposées aux journalistes étrangers, mais qui donnent une mesure de l'ampleur du désastre.

Le 8 mars, l'Iran avait annoncé que plus de 200 enfants et 200 femmes figuraient parmi les victimes . Le bombardement d'une école dans le sud du pays, qui a tué au moins 168 enfants, a particulièrement marqué les esprits . Selon des sources proches de l'enquête, l'administration américaine aurait conclu que les États-Unis étaient responsables de cette frappe, utilisant des informations obsolètes pour cibler un missile Tomahawk .

Les dégâts matériels sont considérables. Le Croissant-Rouge iranien a indiqué que les attaques ont endommagé environ 10 000 bâtiments civils . La distribution de carburant a été interrompue à Téhéran après des frappes sur des dépôts pétroliers .

Une habitante de Téhéran, citée par l'AFP, témoignait le 11 mars : "On se rassurait en pensant que les bombardements ne visent pas les immeubles ordinaires. Mais le bruit des bombes est extrêmement perturbant" .

Au Liban : un désastre humanitaire

Le Liban paie un tribut encore plus lourd, rapporté à sa population. Le 11 mars, le ministère libanais de la Santé annonçait que 570 personnes avaient été tuées depuis le début des combats entre le Hezbollah et Israël . Le 8 mars, le ministre de la Santé avait précisé que 83 enfants figuraient parmi les 394 morts recensés à cette date .

Près de 760 000 Libanais ont fui leur foyer, selon les autorités . Le Conseil norvégien pour les réfugiés a estimé le 7 mars que 300 000 personnes avaient été forcées de quitter leur domicile . Le Liban, déjà en pleine crise économique, est submergé par cet afflux de déplacés.

Le personnel médical est également touché : des ambulances ont été prises pour cible, et des hôpitaux débordés manquent de moyens. L'ONU a dénoncé des attaques contre des infrastructures civiles.

Dans le Golfe : des victimes collatérales

Les pays du Golfe, pris entre deux feux, comptent aussi leurs morts. Le 8 mars, le Koweït a annoncé la mort de deux officiers des forces de sécurité "dans l'exercice de leurs fonctions" . Le même jour, deux Bangladais ont été tués en Arabie saoudite par un projectile à Al-Kharj .

À Bahreïn, une usine de dessalement a été endommagée par une attaque de drone iranien . Trois personnes ont été blessées par des éclats de missile dans la capitale Manama .

Le 7 mars, une fillette de 11 ans, Elena Abdullah Hussein, a été tuée au Koweït. Deux heures avant sa mort, elle avait appelé son père au travail pour lui dire qu'elle l'aimait. "C'était comme si elle essayait de dire au revoir", a confié son père à l'AFP .

Côté israélien et américain : des pertes limitées mais douloureuses

Du côté israélien, au moins une dizaine de personnes ont été tuées selon les premiers secours . Le 8 mars, le bilan s'établissait à 11 morts .

Côté américain, sept militaires ont été tués depuis le début du conflit . Le 7 mars, le Pentagone avait annoncé six morts . Environ 140 soldats ont été blessés .


L'impact économique mondial : une crise qui s'aggrave

Le pétrole : des prix volatils et des menaces persistantes

Le marché pétrolier reste extrêmement nerveux. Le 7 mars, le baril de Brent avait grimpé à 92,69 dollars, en hausse de 8,5 % sur la journée et de près de 30 % sur la semaine . Le 11 mars, les prix restaient volatils, oscillant autour de 90 dollars selon les séances.

La menace sur le détroit d'Ormuz est la principale cause de cette nervosité. Le passage stratégique, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, est effectivement fermé en raison des risques d'attaque. Les compagnies maritimes hésitent à envoyer leurs navires, les primes d'assurance explosent.

Le 11 mars, des informations ont fait état d'un possible déblocage record des réserves stratégiques de pétrole par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) . Cette annonce a contribué à calmer les marchés, mais la situation reste tendue.

Les conséquences dans les pays vulnérables

Les pays les plus vulnérables subissent déjà les conséquences de cette crise. Au Bangladesh, qui importe environ 95 % de son pétrole et 70 % de son gaz, principalement du Moyen-Orient, les automobilistes font la queue pendant des heures devant les stations-service . Cinq des six usines d'engrais du pays ont été fermées jusqu'au 18 mars en raison de la pénurie de gaz .

En Égypte, le gouvernement a augmenté le prix des carburants de 30 % . Une mère de six enfants, Om Mohamed, a confié à l'AFP sur un marché du Caire : "Nous arrivions à peine à joindre les deux bouts comme ça. Je ne sais pas comment les gens vont s'en sortir" .

Les économies africaines commencent également à ressentir le choc. Au Ghana et au Kenya, la hausse du coût des produits pétroliers menace de déclencher une nouvelle vague d'inflation .

Les conséquences sectorielles

Le transport aérien est perturbé. Les compagnies multiplient les annulations et les détournements de vols. L'espace aérien irakien reste fermé.

Le transport maritime est au point mort dans la région. Les navires qui osent s'aventurer dans le Golle le font au ralenti, avec des équipages en état d'alerte permanent.

L'industrie agricole est menacée. Aux États-Unis, l'American Farm Bureau Federation a adressé une lettre à la Maison-Blanche pour l'alerter sur le risque de "perturbations de la chaîne d'approvisionnement alimentaire comme on n'en a pas vu depuis 2022" .


La dimension interne iranienne : entre répression et résilience

Une enquête de l'ONU s'inquiète d'une aggravation de la répression

Mercredi 11 mars, la Mission internationale indépendante d'enquête des Nations unies sur l'Iran a publié une déclaration alarmante. Selon les experts mandatés par l'ONU, la guerre en cours risque d'entraîner une aggravation de la répression institutionnalisée contre les citoyens iraniens .

La mission, créée par le Conseil des droits de l'homme en novembre 2022 après la répression meurtrière du mouvement "Femme, Vie, Liberté", a indiqué que "la situation des droits humains en Iran a été gravement exacerbée par les frappes aériennes américano-israéliennes depuis le 28 février" .

Selon le communiqué, "la protection des civils, y compris des détenus, devient extrêmement précaire pendant les conflits armés, et dans leur sillage, la répression étatique s'intensifie, particulièrement lorsqu'une coupure de connectivité et d'internet est imposée, comme c'est le cas actuellement" .

La population iranienne se retrouve ainsi "prise entre une campagne militaire à grande échelle qui pourrait durer des semaines ou des mois, et un gouvernement ayant un long passé de violations flagrantes des droits humains, après être à peine sorti d'une violente répression" .

Le rapport de l'ONU sur les violations des droits humains

Le même jour, la mission a publié son dernier rapport au Conseil des droits de l'homme, couvrant la période d'avril 2025 au 18 février 2026. Le constat est accablant : "Les forces de sécurité ont déployé une force létale extensive – y compris avec des fusils d'assaut et des mitrailleuses lourdes – entraînant un nombre effarant de morts et de blessés" .

Le rapport conclut que "de nombreuses violations flagrantes des droits humains par l'Iran constituent des crimes contre l'humanité : meurtre, emprisonnement, torture, violence sexuelle, persécution basée sur le genre, disparitions forcées et autres actes inhumains" . Ces violations ont été commises "dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique" contre les populations civiles.

La succession au sommet de l'État

Sur le plan politique, l'Iran a officialisé la succession de Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême défunt. Le 8 mars, l'Assemblée des experts a confirmé sa nomination . Le président Massoud Pezeshkian a salué ce choix comme une preuve de "résilience et d'unité" . Les Gardiens de la révolution ont prêté allégeance, se déclarant prêts à "obéir totalement et à sacrifier leur vie" pour lui .

Cependant, le nouveau guide n'a toujours pas été vu en public, alimentant les spéculations sur son état de santé. Selon des sources de renseignement, il aurait été légèrement blessé dans les frappes des premiers jours.

La position du président Pezeshkian : entre fermeté et ouvertures

Le président iranien a adopté une position nuancée. Le 7 mars, il avait prévenu que l'Iran serait "forcé de répondre" à toute nation voisine qui l'attaquerait , tout en appelant ces mêmes voisins "amis et frères" .

Le 12 mars, Pezeshkian a posé trois conditions pour mettre fin à la guerre : la reconnaissance des droits légitimes de Téhéran, le paiement de réparations et des garanties internationales fermes contre toute future agression . Des conditions que Washington semble bien loin d'accepter.

Le président a également présenté ses excuses pour les attaques contre les "pays voisins" , un geste interprété comme une tentative de limiter l'extension du conflit. Mais son message a été immédiatement contredit par la poursuite des frappes iraniennes sur ces mêmes voisins, illustrant les limites de son autorité face aux Gardiens de la révolution .


Les réactions internationales : entre appels à la désescalade et positions ambiguës

Les États-Unis : une administration divisée

L'administration Trump reste divisée sur la stratégie à adopter. D'un côté, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth prône une ligne dure, promettant de poursuivre les frappes jusqu'à la "défaite totale" de l'Iran . De l'autre, des voix plus modérées, conscientes des risques économiques et politiques, plaident pour une solution négociée.

La communication de l'administration est également problématique. Le Pentagone a empêché les photographes de couvrir les deux derniers briefings de Hegseth sur la guerre en Iran, sans explication . La plupart des grands médias ont quitté leur bureau au Pentagone plutôt que d'accepter les nouvelles règles restrictives imposées par l'administration Trump .

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré que l'administration ne se laisserait pas "harceler" par le New York Times au sujet de l'enquête sur le bombardement de l'école iranienne .

L'Europe : entre soutien aux alliés et recherche d'autonomie

Les pays européens tentent de naviguer entre leur alliance avec les États-Unis et leur désir d'autonomie stratégique.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé une visite à Chypre le 9 mars pour témoigner de la "solidarité" européenne après qu'une frappe de drone a touché une base britannique sur l'île . Il a également convoqué une réunion des chefs d'État du G7 sur les conséquences économiques du conflit .

La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré que le Royaume-Uni n'externaliserait pas sa politique étrangère, en réponse aux critiques de Trump . Le Premier ministre Keir Starmer avait refusé d'accorder aux États-Unis l'autorisation d'utiliser les bases britanniques pour la première vague d'attaques.

L'Espagne a explicitement refusé aux États-Unis l'autorisation d'utiliser les bases de Rota et Morón . L'Allemagne maintient un ton plus équilibré .

Le Vatican et le Pape

Le pape Léon XIV a appelé à la fin du "rugissement des bombes" au Moyen-Orient, mettant en garde contre un conflit qui pourrait entraîner d'autres pays, dont le "cher Liban" .

La Russie et la Chine

Le président russe Vladimir Poutine a exprimé son soutien à un cessez-le-feu "immédiat" lors d'un appel téléphonique avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian . Moscou a également nié fournir des renseignements à l'Iran sur les positions américaines, ce que Washington avait évoqué .

La Chine appelle à un cessez-le-feu et au respect de la souveraineté des nations, tout en cherchant à protéger ses approvisionnements pétroliers.

Les pays arabes : entre peur et pragmatisme

Le secrétaire général de la Ligue arabe a dénoncé les attaques "imprudentes" de l'Iran contre ses voisins arabes, estimant qu'elles ne peuvent être justifiées . Il a déclaré que les pays arabes ne sont pas partie prenante de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, et que leurs territoires ne seront pas utilisés comme bases de lancement pour des attaques américaines .

Les Émirats arabes unis ont indiqué avoir intercepté 16 missiles balistiques et 117 drones iraniens dans une nouvelle salve . Le Qatar a également été visé par des drones.

Les Nations unies

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à des "négociations diplomatiques sérieuses", mettant en garde contre une "situation qui pourrait échapper à tout contrôle" .

La mission d'enquête de l'ONU sur l'Iran a appelé à une cessation immédiate des attaques par toutes les parties pour prévenir d'autres dommages civils en Iran et plus largement dans la région .


Perspectives : Vers une sortie de crise ou un enlisement durable ?

Les conditions de paix iraniennes

Le 12 mars, le président iranien Massoud Pezeshkian a posé trois conditions explicites pour mettre fin à la guerre : la reconnaissance des droits légitimes de Téhéran, le paiement de réparations, et des garanties internationales fermes contre toute future agression .

Ces conditions reflètent la position d'un régime qui, malgré les frappes subies, refuse de capituler. La demande de réparations est particulièrement significative : l'Iran considère qu'il est la victime d'une agression et entend le faire reconnaître internationalement.

L'exigence américaine de reddition inconditionnelle

En face, l'administration Trump maintient sa ligne. Le 7 mars, Trump avait déclaré sur Truth Social : "Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, sauf une REDDITION INCONDITIONNELLE" . La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, avait précisé que lorsque le président déterminera que l'Iran ne constitue plus une menace, "l'Iran sera essentiellement dans une position de reddition inconditionnelle, qu'ils le disent eux-mêmes ou non" .

L'écart entre ces positions semble infranchissable pour l'instant.

Les scénarios possibles

Plusieurs scénarios se dessinent pour les semaines à venir.

Le scénario d'une victoire américaine rapide : Trump annonce la fin des opérations, l'Iran est militairement vaincu. Mais le régime tient toujours, et les attaques asymétriques pourraient se poursuivre.

Le scénario d'un enlisement : Les frappes se poursuivent, le conflit s'étend, l'économie mondiale s'enfonce dans la crise. C'est le scénario le plus probable à ce stade.

Le scénario d'une négociation sous pression : La Chine ou la Russie parviennent à imposer une médiation. Les conditions iraniennes sont partiellement acceptées en échange de garanties. Mais Trump acceptera-t-il de négocier sans perdre la face ?

Le scénario d'une guerre régionale totale : L'Irak, le Liban, la Syrie, le Yémen s'embrasent. Les Houthis ferment Bab el-Mandeb. Le prix du pétrole dépasse les 150 dollars. Une récession mondiale s'ensuit.


Conclusion : Une guerre aux conséquences imprévisibles

Alors que le conflit entre dans son douzième jour, une seule certitude émerge : personne ne peut prédire comment cette guerre va finir. Donald Trump clame la victoire, mais les bombes continuent de tomber sur Téhéran. L'Iran pose des conditions de paix, mais exige des réparations que Washington n'acceptera jamais. Le Liban et les pays du Golfe paient un tribut humain et économique croissant. L'économie mondiale vacille sous la menace pétrolière.

Au-delà des déclarations triomphales et des postures politiques, ce sont des milliers de civils qui meurent, des millions qui sont déplacés, des économies entières qui s'effondrent. En Iran, la population est prise entre les bombes américaines et la répression d'un régime qui pourrait profiter du chaos pour renforcer son emprise. Au Liban, les enfants meurent sous les frappes israéliennes tandis que le pays s'enfonce un peu plus dans le chaos. Dans le Golfe, des familles pleurent leurs morts.

Le 28 février 2026 restera dans l'histoire comme le début d'une nouvelle ère d'incertitude. Une ère où la guerre est redevenue un instrument politique ordinaire, où les alliances se recomposent, où l'économie mondiale est otage des conflits régionaux. Une ère dont personne ne peut prédire la durée ni l'issue.