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🇨🇬 CONGO-BRAZZAVILLE : DENIS SASSOU-NGUESSO RÉÉLU POUR UN 5ᵉ MANDAT AVEC 94,82% — DÉCRYPTAGE COMPLET D'UNE DÉMOCRATIE DE FAÇADE

zossnews

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14 min de lecture18 mars 2026Mis à jour le 18 mars

INTRODUCTION : UN RÉSULTAT ANNONCÉ, UNE MISE EN SCÈNE PARFAITEMENT RODÉE Le président sortant du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, a été réélu pour un cinquième mandat avec 94,82% des voix, au premier tour de l'élection présidentielle qui s'est tenu dimanche 15 mars, selon les résultats provisoires annoncés mardi soir à la télévision nationale. (Wikipedia) Denis Sassou-Nguesso rempile pour un cinquième mandat consécutif à la tête du Congo-Brazzaville. Âgé de 82 ans, le chef d'État a été déclaré vainqueur de la présidentielle mardi 17 mars 2026, deux jours après le scrutin. (Ifri) « Est élu, Sassou-Nguesso Denis, 2.507.038 voix, soit 94,82% des suffrages exprimés », a déclaré à la télévision nationale le ministre de l'Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou. (Ifri) Avec un taux de participation évalué à 84,65%, (Franceinfo) la mécanique électorale congolaise a fonctionné comme prévu — ou plutôt, comme elle fonctionne depuis des décennies. Ce résultat, à la fois absurde dans son arithmétique et parfaitement cohérent avec l'histoire récente du pays, mérite d'être décrypté dans tous ses détails : comment une telle élection est-elle possible en 2026 ? Quels mécanismes permettent à un homme de 82 ans de cumuler plus de quarante ans de pouvoir ? Que dit ce scrutin de la démocratie africaine dans ses formes les plus contestées ? Et quelles en sont les conséquences pour le peuple congolais et l'Afrique centrale ?

🇨🇬 CONGO-BRAZZAVILLE : DENIS SASSOU-NGUESSO RÉÉLU POUR UN 5ᵉ MANDAT AVEC 94,82% — DÉCRYPTAGE COMPLET D'UNE DÉMOCRATIE DE FAÇADE

PARTIE 1 — QUI EST DENIS SASSOU-NGUESSO ? 42 ANS DE POUVOIR ININTERROMPU OU PRESQUE

Un parcours du despotisme en trois actes

Pour comprendre cette élection, il faut d'abord comprendre l'homme. Denis Sassou-Nguesso n'est pas un dictateur ordinaire. Son parcours au sommet du pouvoir est une histoire en trois actes qui s'étend sur presque un demi-siècle d'histoire congolaise.

Sassou Nguesso est un ancien parachutiste qui a pris le pouvoir en 1979. (Al Jazeera) Premier acte : de 1979 à 1992, il dirige le Congo dans le cadre du parti unique marxiste-léniniste, le Parti Congolais du Travail (PCT). Treize ans de régime à parti unique, où toute opposition est inexistante par définition. En 1992, sous la pression internationale et la vague de démocratisation qui traverse l'Afrique subsaharienne après la chute du Mur de Berlin, il accepte les premières élections multipartites et perd face à Pascal Lissouba. Un interlude démocratique rarissime dans son parcours.

Deuxième acte : M. Sassou-Nguesso a dirigé le Congo de 1979 à 1992, au temps du parti unique, avant de reconquérir le pouvoir par les armes en 1997, après quatre mois de guerre civile à Brazzaville. (Wikipedia) Ce retour par les armes — financé notamment par les revenus pétroliers et avec le soutien de mercenaires angolais — est l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire congolaise récente. La ville de Brazzaville a été partiellement détruite. Des milliers de personnes ont été tuées. Et au terme de cette guerre civile, Sassou-Nguesso s'est réinstallé au palais présidentiel pour ne plus jamais le quitter.

Troisième acte : depuis 1997, il remporte élection après élection avec des scores soviétiques. Il avait été réélu au premier tour du précédent scrutin présidentiel en 2021 avec 88,40% des suffrages, selon la Cour constitutionnelle. (Wikipedia) Et ce 17 mars 2026, le score passe à 94,82%. La progression arithmétique est inverse à la réalité du soutien populaire, mais parfaitement logique dans la mécanique d'un régime qui perfectionne chaque élection sa maîtrise du processus électoral.

Le verrou constitutionnel du 2015

Un changement constitutionnel en 2015 a supprimé la limite du nombre de mandats et le plafond d'âge présidentiel, lui permettant de briguer trois mandats supplémentaires de cinq ans. (Al Jazeera) Ce référendum constitutionnel de 2015, organisé dans des conditions similaires à l'élection de 2026 — opposition exclue, résultat annoncé d'avance — a été le coup de maître juridique de Sassou-Nguesso. En supprimant les deux seules barrières constitutionnelles qui auraient pu le forcer à quitter le pouvoir (la limite d'âge à 70 ans et la limitation à deux mandats), il a transformé la Constitution en instrument de sa propre longévité.

La réélection de Sassou-Nguesso semble acquise, mais la constitution l'empêche en principe de se représenter pour un nouveau mandat en 2031, soulevant l'inévitable question de sa succession. (Wikipedia) Il a affirmé à l'AFP qu'il ne resterait « pas une éternité au pouvoir » et que le « tour » des jeunes « viendra », tout en refusant de se prononcer sur un éventuel successeur. Mais il était cru que Nguesso prépare son fils Denis-Christel Sassou-Nguesso à lui succéder. Cependant, en décembre 2025, le PCT a nommé le père comme candidat présidentiel lors d'un congrès de trois jours. (Franceinfo) Une hypothèse de transition dynastique qui, si elle se concrétise, placerait le Congo dans une catégorie très particulière des régimes patrimoniaux africains.

PARTIE 2 — L'ÉLECTION DU 15 MARS 2026 : UNE JOURNÉE D'UNE OPACITÉ TOTALE

Le jour J : rues désertes, silence et coupure d'internet

Le dimanche 15 mars 2026 a été une journée particulièrement sombre pour la démocratie congolaise. À Brazzaville, les rues étaient quasi désertes dimanche, la circulation étant interdite aux véhicules sans laisser-passer. Commerces et églises étaient fermés. Des véhicules de l'armée et la police ont arpenté toute la journée les allées vides du centre-ville où de rares piétons déambulaient sous un ciel plombé. (Wikipedia)

Ce tableau d'une capitale sous surveillance militaire traduit parfaitement la nature réelle du scrutin. Ce n'est pas un jour de fête démocratique mais une journée de contrôle, où la circulation des personnes et des informations est strictement régulée. La population, après des décennies de régime, sait ce qu'il faut faire — ou ne pas faire.

L'élément le plus frappant et le plus révélateur de cette journée reste la coupure totale des communications. Selon l'organisme de surveillance du réseau NetBlocks, la connectivité nationale est tombée à environ 3% de son niveau habituel. (France 24) Le scrutin du 15 mars 2026 pour l'élection présidentielle au Congo s'est déroulé dans un black-out numérique total, confirmé par l'observatoire NetBlocks. (Wikipedia)

Aucune information fiable n'a pu filtrer de l'intérieur du pays, les vastes régions du Congo étant coupées du monde numérique. Les organisations de la société civile, qui avaient prévu de communiquer en fin de journée, sont restées injoignables. (Wikipedia)

Les dépouillement sans témoins

L'un des détails les plus révélateurs de la journée a été rapporté par la correspondante de RFI à Brazzaville. Au quartier des Quinze, réputé acquis au président, le dépouillement dans les bureaux de vote est terminé. Aucun votant, aucun citoyen n'est resté pour observer/surveiller. Les résultats ont été inscrits à la craie sur les tableaux noirs. Personne pour les photographier et les partager en ligne. (Le Grand Continent)

Des résultats inscrits à la craie sur des tableaux noirs, sans aucun témoin, dans un pays coupé d'internet, avec une opposition boycottant le scrutin ou emprisonnée — voilà la réalité d'une élection qui affiche officiellement 84,65% de participation. Cette participation déclarée est d'autant plus troublante que dans de nombreux bureaux de vote à Brazzaville, les files d'attente étaient réduites, voire inexistantes, le jour de l'élection, (Wikipedia) et que dans la plupart des bureaux de vote du centre, du nord et du sud de la capitale, les opérations n'ont pas débuté à 7h, l'heure prévue, et les électeurs sont arrivés au compte-gouttes. (Le Grand Continent)

La coupure d'internet : un outil de contrôle récurrent

Cette coupure n'est pas une nouveauté. En 2016 aussi, un black-out similaire avait été mis en œuvre par les autorités lors du scrutin présidentiel. La répétition de cette pratique à chaque échéance électorale majeure conforte les critiques de l'opposition et des organisations de défense des droits numériques, qui y voient un outil de contrôle du flux d'informations en période sensible. (Wikipedia) Internet avait déjà été coupé plusieurs jours lors de la présidentielle de 2021. (Wikipedia)

Loin d'apaiser les tensions, ces coupures les aggravent. Elles alimentent les soupçons de fraude et affaiblissent la légitimité des résultats. La communauté internationale ne s'y trompe pas. Les Nations Unies, l'Union africaine ainsi que de nombreuses organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement ces pratiques, jugées disproportionnées et contraires aux droits fondamentaux, notamment la liberté d'expression et le droit à l'information. (Franceinfo)

Les Congolais trouvent une solution créative

La détresse des habitants de Brazzaville face à la coupure des communications a donné lieu à des images symboliques poignantes. Lundi, la circulation avait repris dans les rues de Brazzaville mais le réseau était toujours coupé, suscitant l'agacement des habitants de la capitale dont certains ont trouvé refuge au bord du fleuve Congo pour se connecter au réseau mobile de la République démocratique du Congo voisine. (Wikipedia) Des Congolais allant s'asseoir au bord du fleuve pour capter le signal du pays d'en face — cette image résume à elle seule l'absurde et la détresse d'une population prise en otage par son propre gouvernement le jour d'une prétendue démocratie.

PARTIE 3 — UNE OPPOSITION NEUTRALISÉE PAR TOUS LES MOYENS

Les opposants emprisonnés depuis 2016

La quasi-absence de concurrence réelle dans cette élection n'est pas le fruit d'un consensus politique, mais d'une répression systématique et méticuleuse. Les deux principales figures de l'opposition, le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont emprisonnés depuis l'élection contestée de 2016, condamnés à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'État, des poursuites largement considérées comme politiquement motivées. (Al Jazeera) Deux hommes qui avaient osé défier Sassou-Nguesso en 2016 croupissent donc toujours en prison, dix ans plus tard, pour avoir simplement participé à une élection.

Les partis d'opposition suspendus

En juin 2025, le ministère de l'Intérieur a suspendu quinze partis d'opposition, dont plusieurs envisageaient de former une coalition pour contester le scrutin. (Wikipedia) Quinze partis suspendus d'un seul coup — un chiffre qui illustre l'ampleur de la destruction de l'espace politique congolais dans l'année précédant l'élection.

L'enlèvement et la torture d'un candidat

Le cas le plus dramatique est celui de Lassy Mbouity, président du parti Les Socialistes congolais, candidat déclaré à la présidentielle. Le 21 mai 2025, Lassy Mbouity a été retrouvé abandonné dans la rivière Madoukou à Poto-Poto, dans le 3e arrondissement de Brazzaville, avec des traces de brutalisation et dénudé, montrant qu'il avait été victime de traitements cruels, inhumains et dégradants. (Le Grand Continent) Le leader des Socialistes congolais, Lassy Mbouity, candidat déclaré, a été enlevé par des hommes masqués et retrouvé torturé plusieurs jours plus tard. (Wikipedia) Un candidat à la présidentielle, enlevé, torturé et jeté dans une rivière. Telle est la réalité de l'espace politique au Congo-Brazzaville.

Le boycott des partis sérieux

Face à cet environnement hostile, les principaux partis d'opposition ont logiquement boycotté l'élection. Les principaux partis d'opposition ont boycotté le scrutin, n'estimant pas remplies les conditions d'une élection libre et transparente. (Wikipedia) Le résultat est que les six candidats qui se sont présentés face à Sassou-Nguesso étaient tous sans envergure ni assise politique réelle. Son concurrent le plus proche, Mabio Mavoungou Zinga, 69 ans, inspecteur des douanes à la retraite et ancien député, a obtenu 1,48% des voix. (Al Jazeera) 1,48% pour le deuxième ! Le reste des candidats se partagent les miettes restantes des 5,18% non attribués à Sassou-Nguesso.

PARTIE 4 — 94,82% : UN CHIFFRE QUI EN DIT LONG

La progression arithmétique du pouvoir absolu

Les scores officiels de Sassou-Nguesso aux élections successives racontent une histoire intéressante. En 2002, il obtient 89,41%. En 2009, 78,61%. En 2016, 60,37% — son score le plus bas depuis son retour au pouvoir, et aussi l'élection la plus disputée. En 2021, 88,40% des suffrages, selon la Cour constitutionnelle. (Wikipedia) Et en 2026, 94,82%. La courbe n'est pas linéaire, mais la direction générale est claire : plus l'opposition est réprimée, plus le score augmente.

Le score de 2016 (60,37%) illustre ce que peut donner une élection légèrement plus ouverte, avec des candidats d'opposition comme Mokoko et Okombi Salissa qui représentaient une concurrence réelle. La réponse du régime a été immédiate : emprisonner les deux rivaux pour vingt ans, suspendre quinze partis, torturer les candidats potentiels. Résultat 2026 : 94,82%.

Ce que pensent vraiment les Congolais

Dans le quartier Bacongo, réputé favorable à l'opposition, Vivienne, 33 ans, affirme comme de nombreux habitants rencontrés par l'AFP qu'elle n'ira « jamais voter ». « Nous sommes loin de la démocratie. Ici, quand tu dénonces, on vient t'arrêter. Je veux juste un président qui viendra pour mettre fin à notre galère. Sassou-Nguesso encore pour 5 ans, c'est la mort », dit-elle. (Wikipedia)

Ce témoignage, parmi des dizaines similaires recueillis par les correspondants de l'AFP et de RFI à Brazzaville, offre un contre-récit saisissant aux 94,82% officiels. La population réelle du Congo-Brazzaville ne vit pas dans l'enthousiasme qu'affiche le score officiel. Elle vit dans la résignation, la peur, et pour beaucoup, dans la misère économique d'un pays pourtant riche en pétrole.

PARTIE 5 — UN PAYS RICHE, UN PEUPLE PAUVRE : LE PARADOXE PÉTROLIER

Le Congo pétrolier et son peuple appauvri

Le Congo-Brazzaville est un petit pays d'environ six millions d'habitants, mais c'est un pays riche en hydrocarbures. L'or noir représente une part considérable des recettes de l'État. Pourtant, cette richesse ne bénéficie pas à l'ensemble de la population. Une poignée de familles proches du régime contrôle l'essentiel des ressources, pendant qu'une large part de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Le Congo est également confronté à des allégations persistantes de corruption, les procureurs français et américains enquêtant sur des avoirs détenus à l'étranger par des membres de la famille proche de Sassou. (Al Jazeera) L'affaire des « biens mal acquis » implique la famille Sassou-Nguesso depuis des années devant la justice française. Des villas somptueuses à Paris, des comptes bancaires en Suisse, des collections d'art — tout cela acquis sur les deniers publics d'un peuple qui n'a pas les moyens de se nourrir correctement.

La malédiction des ressources naturelles

Le Congo-Brazzaville est l'un des exemples les plus parlants de la « malédiction des ressources naturelles » en Afrique. La présence de pétrole n'est pas une bénédiction mais une malédiction quand elle permet à une élite politique d'acheter sa stabilité sans avoir à rendre compte de sa gestion. Sassou-Nguesso n'a jamais eu besoin de développer son pays pour rester au pouvoir. Il lui suffit de contrôler les revenus pétroliers et de les redistribuer sélectivement entre ses alliés et ses forces de sécurité.

PARTIE 6 — RÉACTIONS ET CONSÉQUENCES

Un silence assourdissant de la communauté internationale

La communauté internationale reste dans un mutisme relatif face à cette élection dont la nature frauduleuse ne fait guère de doute. Freedom House donnait à la République du Congo un score de 2/40 pour les droits politiques dans son rapport 2024 (Franceinfo) — 2 sur 40, soit l'un des scores les plus bas du monde en matière de démocratie. Pourtant, ni l'Union européenne, ni l'Union africaine, ni les Nations Unies n'ont émis de condamnation ferme.

Ce silence s'explique en partie par des intérêts géopolitiques et économiques. Le Congo est un producteur de pétrole, un pays francophone avec lequel la France entretient des liens historiques et économiques étroits. Sassou-Nguesso est un interlocuteur stable dans une région d'Afrique centrale souvent instable. Ces calculs cyniques priment sur les principes démocratiques.

La question de la succession

La constitution empêche en principe Sassou-Nguesso de se représenter pour un nouveau mandat en 2031, soulevant l'inévitable question de sa succession. (Wikipedia) À 82 ans, avec cinq mandats au compteur et 42 ans cumulés au pouvoir, Sassou-Nguesso devra un jour passer la main. La question est : à qui, et comment ? Deux scénarios se dessinent. Le premier est une transition dynastique vers son fils Denis-Christel, élu à l'Assemblée nationale et présenté par certains observateurs comme le dauphin désigné. Le second est une transition vers un fidèle du régime capable de maintenir l'ordre et les privilèges de l'entourage présidentiel.

Dans les deux cas, aucune alternance démocratique réelle n'est envisagée. Les opposants qui auraient pu l'incarner sont en prison, en exil ou réduits au silence. Le Congo-Brazzaville semble condamné à une transition de palais plutôt qu'à une vraie alternance populaire.

CONCLUSION : UN MIROIR BRISÉ DE LA DÉMOCRATIE AFRICAINE

L'élection du 15 mars 2026 au Congo-Brazzaville n'est pas une élection au sens usuel du terme. C'est une mise en scène, un rituel bureaucratique destiné à donner une apparence de légitimité à un pouvoir qui repose en réalité sur la force, le contrôle des ressources pétrolières, et la neutralisation systématique de toute opposition. La combinaison d'une opposition affaiblie ou absente, d'une participation en dent de scie, et surtout d'un black-out numérique illustre une réalité persistante : celle d'un processus verrouillé en faveur du sortant. (Wikipedia)

Denis Sassou-Nguesso, 82 ans, dirige d'une main de fer ce petit pays d'Afrique centrale riche en hydrocarbures depuis plus de 40 années cumulées. Sa réélection le maintient au pouvoir jusqu'en 2031. (Al Jazeera) En 2031, il aura 87 ans et plus de 47 ans cumulés au pouvoir. Une longévité qui place le Congo-Brazzaville dans le même registre que les régimes les plus autoritaires du monde contemporain.

Le score de 94,82% est moins une mesure de popularité qu'une mesure d'impunité. C'est la signature d'un régime qui ne craint plus la sanction électorale, parce qu'il contrôle tous les mécanismes qui pourraient le menacer. Pour le peuple congolais, comme le dit Vivienne depuis son quartier de Brazzaville, c'est simplement « la mort » — la mort d'un espoir de changement, la mort d'une perspective d'avenir meilleur.